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Florence en V.O

Annick Farina 

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460572

9782350305721

14,22 €

Florence en v.o : organisé autour de 50 mots-clefs qui résument l’esprit de la ville, ce lexique amoureux rassemble pour chaque entrée une courte introduction éclairant les aspects de la ville sous un angle historique, géographique ou anecdotique, un texte littéraire en version originale sélectionné avec soin et, le cas échéant, sa traduction.Un joli petit livre bilingue qui invite à suivre les pas tracés par les textes.

  • Hauteur : 20
  • Largeur : 10
  • Nombre de pages : 192
  • Reliure : broché

SOMMAIRE

Villes en v.o.    15
Florence en v.o.    17
Mots clefs

Afa [chaleur]
Le faville del maglio (Gabriele D’Annunzio)    19
Alluvione [inondation]
Morte a Firenze (Marco Vichi)    24
Arti del disegno [arts du dessin]
Lettera da Michelangelo Buonarotti a Benedetto Varchi (Michel-Ange)    28
Basilico [basilic]
“Isabella, or the Pot of Basil” (John Keats)    32
Beffa [farce]
Novella del Grasso legnaiuolo (Antonio Manetti)    36
Bistecca alla fiorentina [côte de bœuf à la florentine]
La scienza in cucina e l’arte di mangiar bene
(Pellegrino Artusi)    42
Calcio storico [calcio florentin]
Storia Fiorentina (Benedetto Varchi)    46
Casatorre [maisons-tours]
Incubo di signora (Nino Filastò)    50
Cielo [ciel]
Leben des Galilei (Bertolt Brecht)    53
Crusca (la) [académie de la Crusca]
Lettres familières écrites d’Italie à quelques amis
(Charles de Brosses)    57
David
Farfalle di Maggio (Leonardo Gori)    60
Écorchés
Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice
(Marquis de Sade)    63
Falò delle Vanità [bûcher des vanités]
Marguerite et les enragés : meurtre à Florence
(Éric Deschodt et Jean-Claude Lattès)    66
Fontane e fontanelle [fontaines]
Voyage en Italie (Hippolyte Taine)    70
Ghetto
Il Vento di Siòn (Angiolo Orvieto)    74
Giubbe Rosse (Caffè delle)
La mia vita (Carlo Carrà)    78
Granduca [grand-duc]
Occhi e nasi. Ricordi dal vero (Carlo Collodi)    82
Guelfi e ghibellini [guelfes et gibelins]
Istorie Fiorentine (Machiavel)    86
Hhohhomero [aspiration du c]
La grammatica di Giannettino per le scuole elementari (Carlo Collodi)    92
Inferno [enfer]
“Dante” (Anna Akhmatova)    96
Inglesi [Anglais]
La scritta sul vetro (Cristina Acidini)    100
Innocenti (Spedale degli) [hôpital des Innocents]
A room with a view (E. M. Forster)    105
Leonardo [Léonard de Vinci]
Le rêve de Gramsci (Raymond Farina)    108
Loggia dei Lanzi
Fuga verso la morte (Marco Vichi)    111
Mecenati [mécènes]
La vita di Benvenuto di Maestro Giovanni Cellini fiorentino, scritta, per lui medesimo, in Firenze
(Benvenuto Cellini)    115
Medici [Médicis]
Une année à Florence (Alexandre Dumas)    120
Mercati [marchés]
La Donna d’Oro (Laura Di Martino)    124
O di Giotto [le O de Giotto]
Vite dei più eccellenti pittori, scultori e architettori
(Giorgio Vasari)    128
Pappa al pomodoro [panade à la tomate]
Giornalino di Gian Burrasca (Vamba)    132
Piazzale Michelangelo [esplanade Michelangelo]
A Ignorância da morte (António Osório)    136
Ponte Vecchio
Décembre à Florence (Joseph Brodsky)    140
Porcellino [porcelet]
Metalsvinet (Hans Christian Andersen)    144
San Giovanni Battista [saint Jean Baptiste]
Journal de voyage en Italie (Montaigne)    148
Sasso di Dante [pierre de Dante]
Pictures from Italy (Charles Dickens)    151
Scoppio del carro [explosion du char]
Cronache di poveri amanti (Vasco Pratolini)    154
Sigaro toscano [cigare toscan]
Qualche notizia del tempo (Lucio Mariani)    158
Sindrome di Stendhal [syndrome de Stendhal]
Rome, Naples, Florence (Stendhal)    161
Stinche (carcere delle) [prison des Stinche]
Sonetti (Machiavel)    165
Sventramento [éventrement]
Firenze sotterranea (Jarro)    170
Uccelli [oiseaux]
Decameron (Boccaccio)    174
Viola [les violets]
“90 anni viola” (Lorenzo Baglioni)    179

Index des noms de lieux    185

Annick Farina s’est installée en Italie en 1997, alors qu’elle finissait un doctorat en lettres (université Paris VIII) sur l’histoire des dictionnaires québécois. Elle a travaillé comme traductrice professionnelle, tant à Montréal (anglais-français) qu’à Barcelone (espagnol-français) et à Milan (italien-français), avant d’obtenir un poste de maître de conférences à l’université de Florence en 2005. Elle a publié des traductions de poésie en italien et en français, en particulier de Raymond Farina, Daniel Martinez et Sergio Toppi. Aujourd’hui professeure de langue et traduction françaises à l’université de Florence, ses recherches se concentrent sur l’étude du lexique et des dictionnaires. Elle est présidente du Centre linguistique de l’université et dirige un groupe de recherche, le Lessico dei Beni Culturali, coordonnant la réalisation d’une base de données textuelle plurilingue sur le patrimoine florentin et d’un dictionnaire du lexique du patrimoine en huit langues. Elle a obtenu le titre de chevalier des palmes académiques en 2013 et est académicienne honoraire de l’Accademia delle Arti del Disegno.

Stendhal a su exprimer ce que nombre de voyageurs ressentent en entrant dans Florence, tombant amoureux comme lui d'une beauté singulière, qui tient à la nature dans laquelle elle plonge - un ciel d'un bleu intense, des collines qui délimitent l'horizon de tous côtés, où se mélangent le vert sombre des cyprès et le vert argenté des oliviers - qui tient à la magnificence des édifices, aux pierres robustes de ces maisons-tours médiévales, pointant ici et là au-dessus des toits, aux rondeurs des multiples dômes, à la douceur des marbres des façades.

"J'étais déjà dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinnage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de coeur, ce qu'on appelle des nerfs, à Berlin; la vie était épuisée chez moi ;je marchais avec la crainte de tomber.
Je me suis assis sur l’un des bancs de la place de Santa Croce ; j’ai relu avec délices ces vers de Foscolo, que j’avais dans mon portefeuille ; je n’en voyais point les défauts : j’avais besoin de la voix d’un ami partageant mon émotion :
[…] Io quando il monumento
Vidi […]"




Dans le cadre de sa nouvelle collection « Villes en V.O. », tenant tant du guide de voyage insolite que du dictionnaire thématique ou amoureux illustré de textes bilingues, les éditions Atlande ont judicieusement demandé à Annick Farina de nous faire visiter Florence, cette ville d’art et de lettres, en nous imprégnant de son esprit, de cette âme forgée au cours des siècles.

Cette auteure qui enseigne la langue et la traduction françaises à l’université de Florence et vit en Italie depuis plus de vingt ans nous entraîne ainsi, avec beaucoup de vivacité et une érudition jamais pesante, dans cette ville célébrée par de multiples écrivains y ayant vécu ou séjourné. Au-delà des parcours traditionnels proposés aux touristes, elle aborde sa riche histoire au travers des lieux décrits et d’anecdotes qui leur sont liées, comme de son climat et de sa cuisine, de sa langue et de tout cet imaginaire développé chez des artistes de genres, époques et origines très variés. Et elle enrichit son propos de toute une palette de textes, italiens en majorité mais aussi français ou russes, anglais, portugais, allemands ou danois.

D’un petit format rectangulaire, Florence en V.O. s’emporte aisément avec soi et on y entre facilement grâce à une quarantaine de mots-clefs en capitales rangés alphabétiquement dans le sommaire, de AFA (chaleur) à VIOLA (désignant l’équipe de foot florentine au maillot violet), et répertoriés également en quatrième de couverture. Des mots en langue originale plutôt hétéroclites qui, des plus inattendus aux plus classiques, racontent avec saveur la ville dans toute sa diversité et sa richesse culturelle.

Cette entrée par mots-clefs permet notamment de retenir facilement, bien mieux que ne l’aurait fait une ennuyeuse chronologie, les transformations et les bouleversements urbains liés à l’histoire. On passe ainsi de la ville moyenâgeuse cloisonnée avec ses Casetorri (maisons-tours) dont les pont-levis permettaient aux seigneurs de se déplacer en survolant les sinueuses ruelles propices aux embuscades lors des sanglantes rivalités entre Guelfi e ghibellini (Guelfes et Gibelins) aux palais de la Renaissance dotés de Logge (galeries ouvertes). On voit le ghetto où furent assignés ou reclus un temps les Juifs florentins dès 1516 s’ouvrir au milieu du XVIIIe et devenir un simple quartier populaire. Un quartier qui sera entièrement rasé à la fin du XIXe lors du sventramento (éventrement) de la vieille ville, dans le cadre d’une rénovation urbaine de type haussmannien consécutive à la promotion éphémère de Florence comme capitale du pays peu après l’unification de l’Italie…

Les textes en version originale (assortie de traduction) qui ponctuent chaque article en lui ajoutant profondeur et perspective, bénéficient toujours, ainsi que leurs auteurs, d’une rapide mais pertinente présentation et, tout au long de ce guide, on apprécie le style simple et concis de l’auteure et ses commentaires affutés éclairants qui stimulent l’intérêt sans s’épandre en bavardages inutiles.

Plusieurs modes de navigation sont par ailleurs possibles car, à la fin de chaque article, un petit symbole iconographique en bas de page nous dirige vers d’autres entrées en relation avec le thème abordé. Quant à l’index des noms de lieux, il pourra se révéler utile dans la préparation d’itinéraires de visite – que l’on devra bien sûr compléter avec un guide de voyage classique doté, lui, de plans, adresses et horaires…

Le principal mérite de l’ouvrage, outre son aspect pratique, vient de l’ouverture de son approche, de cette variété et de cette absence de hiérarchisation ostentatoire. Cela permet en effet de ne pas se contenter des monuments et œuvres d’art et d’habiter vraiment une ville en prenant en compte ses héritages divers. Et la richesse de cette approche se retrouve également dans les textes choisis par l’auteure qui font se côtoyer de manière bienvenue des classiques incontournables ou plus inattendus de toutes nationalités (Machiavel, Boccace, d’Annunzio, Collodi, Stendhal, Montaigne, Dumas, Keats… ainsi que Sade, Hyppolyte Taine, Andersen, Brecht, Dickens, Anna Akhmatova…) avec nombre d’auteurs de « giallo » (roman policier), genre très prisé en Italie.

Annick Farina accorde de plus opportunément une grande importance aux aspects linguistiques. On se régale de voir le terme Uccello (oiseau) utilisé par Boccace en son sens figuré (sexe masculin) dans Caterina e l’usignolo / Catherine et le rossignol (Decameron). On goûte l’humour de Stendhal nous faisant remarquer dans Rome, Naples et Florence que la langue de Dante, considérée comme la mère de la langue italienne littéraire, était le vernaculaire florentin de la fin du XIIIe, et l’on rit avec lui de voir les Florentins aspirer si fortement le « c » qu’ils prononcent Hhohhomero au lieu de « cocomero » (pastèque) ! On apprend que c’est à Florence que naquit à la fin du XVIe l’académie de la Crusca (résidu de la mouture des céréales), ancêtre de notre Académie française, qui défendra la fine fleur de cette langue florentine jugée la plus pure. Et on comprend que cet italien unitaire l’ayant pris pour modèle reste encore très récent en lisant la recette de la bistecca alla fiorentina (côte de bœuf) dans le livre fondateur de la cuisine nationale italienne (publié en 1891) qui intégrait pour la première fois des spécialités de diverses régions et tendait à unifier le vocabulaire culinaire.

Florence en V.O. nous fait ainsi voyager de manière instructive et divertissante et s’avère un petit livre à mon sens incontournable pour ceux qui désirent visiter Florence hors des sentiers battus et enrichir leur regard sur cette ville.

Critique de Emmanuelle Caminade sur le site de La Cause Littéraire : https://www.lacauselitteraire.fr/Recherche?ordering=&searchphrase=all&searchword=Florence+en+V.O.

Recension du livre sur le Blog D'or de Emmanuelle Caminade : http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/2019/05/florence-en-v.o.de-annick-farina.html

Très judicieuse livraison de Babelio dans le cadre de l'opération Masse critique qui me fait toujours confiance et que je remercie. J'avais choisi dans le cadre de la non-fiction parmi de nombreux ouvrages ce délicat livre sur la perle de Toscane, cette cité que j'aime tant. En v.o. est une jolie collection où l'on trouve aussi Rome, Berlin, Bruxelles, New York. Le livre se décline comme une suite d'articles, une quarantaine, autant d'entrées sur des mots italiens, noms communs ou propres,  de afa (chaleur) à viola(le violet du club de foot Fiorentina). Chaque présentation d'Annick Farina est complétée par un extrait littéraire en version bilingue italienne et française dans la plupart des cas.

                               Car y figurent aussi Sade, Dumas, Taine, Stendhal, Montaigne et d'autres étrangers, Dickens, Keats, Andersen, Brecht, Forster (d'où le titre de ma chronique) témoignant de la fascination de l'Europe entière pour la cité toscane. De ces fous d'Elle bien sûr je fais partie. N'allez pas penser qu Florence en v.o. est un ouvrage un peu snob pour happy few. C'un bien joli livre que peuvent emporter les voyageurs et aussi les gens qui ne marcheront jamais dans les allées des Médicis. Quelques exemples.

                               Le Falo delle Vanita, le Bücher des Vanités, où l'on raconte que Botticelli lui-même jeta dans le feu ses propres dessins de nus scandaleux selon Savonarole. Vraie ou pas l'histoire est fascinante. Le terme Inglesi a lontemps été synonyme d'étrangers tant était prépondérante la place des Britanniques dans la Florence du XIXe siècle. "Sono arrivati degli inglesi. Ma non ho capito se sono o tedeschi" (Des Anglais sont arrivés mais je n'ai pas compris s'ils sont russes ou allemands).

                               Le si célèbre Ponte Vecchio est illustré de quelques très belles lignes du Nobel russe 1987 Joseph Brodsky "A midi les chats vont voir sous les bancs, pour s'assurer que les ombres sont noires. Sur le Ponte Vecchio-on l'a restauré-où sur un fond  de collines  s'embuste Cellini on fait un commerce effronté de bimbeloteries de toutes sortes, les vagues dans un murmure roulent une branche après l'autre et les boucles dorées d'une belle femme qui se penche pour chercher quelque chose de rare, qui fouille au milieu des boîtes sous les regards insatiables de jeunes vendeurs, semblent une trace d'ange au royaume des corbeaux". (Décembre à Florence).

                              Annick Farina raconte joliment que, privée des grands aqueducs romains, la belle Florentine offre peu de grandes fontaines mais surtout des petites, au départ plus pratiques que décoratives (Fontane é fontanelle). Joli texte de Taine sur les Tritons, les Néréides, et "l'harmonie des troncs, des cuisses et des nuques". Fantasmes... Quand je vous disais la séduction de ce petit livre ensorcelant...Felice viaggio tutti. Per me sara Milano in settembre. Grazie Babelio.

Critique de Blogart (la comtesse) : http://eeguab.canalblog.com/archives/2019/07/10/37465142.html