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Honoré d’Urfé, L’Astrée Première partie

19,91 €

par Camille Esmein-Sarrazin et Joséphine Gardon-Goujon

Quantité

  Livraison en lettre suivie

3€ en France métropolitaine et à l'international, 8€ dans les DOM-TOM

Traitant de l’œuvre d’Honoré d’Urfé au programme 2024 des agrégations externes et internes de Lettres classiques, de Lettres modernes, de Grammaire et Spéciale l’ouvrage propose tous les éléments nécessaires à la réussite du candidat.

Comme tous les Clefs-concours de Lettres modernes, l’ouvrage est structuré en quatre parties :

-Repères : le contexte historique et littéraire ;

-Problématiques : comprendre les enjeux de l'œuvre ;

-Le travail du texte : questions de langue, de stylistique et de grammaire ;

-Outils : pour retrouver rapidement une définition ou une référence.

Fiche technique

Référence
460904
ISBN
9782350309040
Hauteur :
17,8 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
320

REPÈRE

HONORÉ D’URFÉ, LIGUEUR ET HOMME DE LETTRES

REPÈRES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES

UNE ŒUVRE PLURIELLE

Les Épîtres morales

La Savoysiade

La Sylvanire

LE ROMAN AU DÉBUT DU XVIIE SIÈCLE

LES MODÈLES ANTIQUES
L
E ROMAN CHEVALERESQUE ET LE ROMANZO ITALIEN
LA PASTORALE, DE LANTIQUITÉ AUX RÉCITS ESPAGNOLS ET ITALIENS

LE ROMAN SENTIMENTAL ET LE REFUS DU ROMANESQUE

L’ASTRÉE, “UN ROMAN QUI EST TOUS LES ROMANS

UNE HISTOIRE ÉDITORIALE COMPLEXE

Un roman inachevé

Deux entreprises concurrentes de continuation

TRAME NARRATIVE ET INTRIGUE PRINCIPALE

Résumé de l’intrigue chez Urfé

Résumé de l’intrigue chez Baro et Gomberville
C
OMPOSITION DU ROMAN, HISTOIRES INSÉRÉES ET ENJEUX ROMANESQUES

“SAVOIR SON ASTRÉE” : LE BRÉVIAIRE DES COURTISAN

PROBLÉMATIQUES

L’ARCHITECTURE DE LA PREMIÈRE PARTIE

LE PARATEXTE

Épîtres

Tables

UNE COMPOSITION ENTRE COHÉRENCE ET DIVERSITÉ, AMPLIFICATION ET CONTREPOINT

L’intrigue principale

Les histoires enchâssées

Les micro-récits

Tableau récapitulatif des histoires enchâssées

STRUCTURE NARRATIVE ET ART DU CONTAGE

LES VOIX NARRATIVES

Le narrateur principal

Les narrateurs personnages

LES OUTILS DE LA NARRATION

Cohésion et maîtrise de l’information

Cohérence et temporalité interne au récit

LES ORNEMENTS DU RÉCIT

Poésies

Lettres

Sentences

PERSONNAGES ET DÉGUISEMENTS

UN MONDE DE BERGERS

La vie pastorale

Quelques figures de bergers

LES NYMPHES ET LES CHEVALIERS

Rites et institutions

Rang et condition

DÉGUISEMENT, ARTIFICE ET TRAVESTISSEMENT

Un procédé topique au rôle central

Le travestissement : construction et enjeux : le rôle des prolepses

L’AMOUR

DÉFINITIONS ET DÉBATS

La réflexion néoplatonicienne

L’amour courtois et le service amoureux

L’amour chrétien et la charité

LES LOIS DE LAMOUR

La fidélité

La discrétion

Des services au sacrifice

AMOUR ET ROMANESQUE

Procédés et subterfuges

Cours d’amour et gageure

Jalousie et mélancolie amoureuse

Mariages heureux et malheureux

Amour et désir

Amour et amitié

RELIGION, MAGIE ET MERVEILLEUX

MERVEILLEUX ET SURNATUREL

La déesse Astrée et l’âge d’or

La fontaine de la Vérité d’amour Fortune et hasard

LA TROMPERIE DE CLIMANTHE : RELIGION ET MAGIE

LA RELIGION : CHRISTIANISME, SYNCRÉTISME ET CROYANCES PAÏENNES

Le statut de la religion dans L’Astrée

Les oracles

HISTOIRE ET POLITIQUE

UN ROMAN HISTORIQUE ?

La matière historique et son insertion dans le roman

L’arrière-plan historique : le règne de Mérovée

L’usage de l’histoire : romanesque et couleur du passé

Géographie et savoir historique

UN ROMAN GUERRIER ?

Chevalerie et réalisme historique

Héroïsme chevaleresque : realia et romanesque

UNE RÉFLEXION SUR LE POUVOIR POLITIQUE 

LECTURE ET DÉCHIFFREMENT : EKPHRASIS ET ILLUSION
“L’HISTOIRE DE DAMON ET DE FORTUNE” : NARRER PAR LIMAGE 

L’ILLUSION ET LE TROMPE-LŒIL

UN ROMAN À CLEFS ?

TRAVAIL DU TEXTE

LEXICOLOGIE

ARCHAÏSMES, SIMPLIFICATIONS ET MODERNISATIONS

LES NOMS ABSTRAITS

LES BINÔMES SYNONYMIQUES ET LANTONYMIE CONTEXTUELLE

Les binômes synonymiques

L’antonymie

L’antithèse synonymique

L’ONOMASTIQUE

TUDE LEXICALE DE CIVILITEZ

Description morphosyntaxique de l’occurrence
TUDE LEXICALE DAFFAIRE 

TUDE LEXICALE DE SYNTHÈSE : LA PRÉFIXATION (P. 141-142)

SYNTAXE ET GRAMMAIRE

CONSEILS GÉNÉRAUX

DE QUELQUES SPÉCIFICITÉS SYNTAXIQUES

L’omission des articles
La position du pronom clitique complément d’un infinitif régime

Les pronoms adverbiaux y et en

Souplesse des constructions verbales et propositionnelles

LES MODES NON PERSONNELS

Formes et emplois du participe

Formes et emplois du gérondif

Spécificités du participe et du gérondif dans L’Astrée

Formes et emplois de l’infinitif

LES TYPES DE PHRASE

La modalité assertive
La modalité volitive ou jussive
Modalité interrogative

Modalité exclamative

LA NÉGATION

La négation exprimée par un seul morphème
La négation exprimée par plusieurs morphèmes

LES TYPES DE PHRASES : LES RÉAMÉNAGEMENTS COMMUNICATIFS

Les types de l’impersonnel
Les types du passif

Les types de l’emphase

L’ENDOPHORE

L’endophore pronominale

L’endophore nominale

Autres types d’endophores

STYLISTIQUE

UNE LANGUE PASTORALE ?

UNE LANGUE ENTRE BAROQUE ET ÉPURE

Le goût du paradoxe et les figures d’opposition

Une syntaxe complexe ?

LES ANALOGIES 

Un style “chemin faisant” : le sermo pedestris .

Un style au fil de l’eau ? les analogies élémentaires

La démétaphorisation

L’ÉNONCIATION DANS L’ASTRÉE 

L’hétérogénéité énonciative

• La présence d’un je narrant : l’identité narratoriale

• Des personnages narrateurs : les récits intercalaires
• L’importance des discours rapportés dans le roman
• Les discours de l’intériorité

• La multiplication des instances réceptrices
Une énonciation valorisant la subjectivité

• Les marques d’une oralité où abondent les sentiments

• Les mots subjectifs et objectifs
• La syntaxe émotive

Emphase et expressions hyperboliques

• Les degrés de l’intensité
• Les consécutives intensives
• Les indéfinis hyperboliques

• Les comparatifs et superlatifs au service de l’emphase

• Le superlatif relatif
• Superlatifs, comparatifs et expressivité

La casuistique amoureuse ou l’héritage rhétorique au sein de L’Astrée

• Les modalités et les modalisations

• Un style différencié ?

LA STRUCTURE ET LORGANISATION TEXTUELLE

L’efficacité organisationnelle : l’influence de la dispositio 

La progression d’un texte narratif

La cohésion du texte

La concaténation ou la construction des dialogues

• Continuité et progression : les répétitions
• Les lois du discours
• Les interjections et la conjonction puisque comme outils de la concaténation

LA CARACTÉRISATION ET LA DESCRIPTION 

La caractérisation

La description

LES FORMES INSÉRÉES 

Les poèmes insérés

• Le sonnet

• Les madrigaux
Les stances et l’expression de la déploration

• Stances élégiaques

• Stances rhétoriques

• La chanson d’Hylas, ou la célébration de la variété
Les histoires insérées

Les éléments détachés par les guillemets et les énoncés sentencieux

• Entre intégration et distinction : des outils rhétoriques risquant l’artifice

• Caractéristiques des énoncés sentencieux

BIBLIOGRAPHIE

Camille Esmein-Sarrazin est maîtresse de conférences à l’Université d’Orléans.

Joséphine Gardon-Goujon est docteure en littérature française et enseignante en lycée

MERVEILLEUX ET SURNATUREL

La déesse Astrée et l’âge d’or

La bergère Astrée est, comme la nymphe Galathée, dotée d’un nom mythologique. Les mythographes font d’Astrée la fille de Zeus et de Thémis. Astrée, qui est la déesse de la justice, est associée à la paix. À l’époque hellénistique, puis chez Ovide et Virgile, il est fait référence à Astrée, déesse associée à l’âge d’or ou au mythe des origines de l’humanité. Dans les Métamorphoses, la vierge Astrée s’indigne du comportement des hommes et choisit de regagner le monde des dieux. Virgile, dans les Bucoliques (IV, 5), fait d’Astrée une vierge qui annonce le retour de l’âge d’or et accompagne Saturne. Il y associe âge d’or et monde pastoral.

Dans la deuxième partie du roman, le nom d’Astrée est mis en avant notamment lorsque Céladon érige à la demande d’Adamas un temple qui associe la déesse et la bergère. Dans ce Temple d’Astrée, la déesse est représentée avec les attributs d’une bergère. Céladon voue ainsi à Astrée un culte qui semble réunir et même confondre la déesse et la bergère, comme on le voit dans les vers qu’il y laisse et qui se terminent ainsi : “Voicy le bois où chaque jour, / Un cœur qui ne vit que d’Amour, / Adore la Déesse Astrée” [L’Astrée. Deuxième partie, l. 5, p. 237].

L’époque de la publication des deuxième et troisième parties correspond à un retour à l’ordre après les troubles liés aux guerres de Religion. Or le cadre du roman, tel qu’il est mis en place dès l’incipit de la première partie, relève de l’âge d’or: le Forez serait une relique du “premier siecle”, et les bergers qui le peuplent n’ont rien à envier à ceux qui vivaient durant cette période “pour la bonté de l’air, la fertilité du rivage & leur douceur naturelle” (p. 118-119). Lieu de délices idéal tel que le définit la tradition littéraire, ou locus amoenus, le cadre du roman emprunte ainsi à la tradition de la pastorale académique et introduit la réflexion platonicienne sur l’harmonie universelle qui réapparaît ensuite régulièrement dans le roman. En effet, la description du Forez, si elle est en partie réaliste et s’appuie sur la topographie telle qu’elle a été établie par les contemporains d’Urfé et en particulier par son frère, est aussi l’objet d’aménagements qui permettent d’en faire le lieu idéal d’une nouvelle Arcadie (v. Histoire et politique, Un roman historique ?).