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Le travail

18,01 €

Virgile, Les Géorgiques

Simone Weil, La condition ouvrière

Michel Vinaver, Par-dessus bord

Dirigé par Cécile Cerf.

Avec les contributions de : Robert Chenavier, Pierre Grouix, Marie Ledentu, Claude Sabatier

Quantité

  Livraison en lettre suivie

3€ en France métropolitaine et à l'international, 8€ dans les DOM-TOM

Traitant du sujet de Lettres et Philosophie des classes préparatoires scientifiques pour la session 2022-2023, cet ouvrage réunit des spécialistes des différentes œuvres au programme et de littérature comparée pour offrir un volume extrêmement pratique et intelligent dans une collection plébiscitée par les élèves et leurs professeurs.

Clefs concours Français-Philo
- des repères : une dose de culture générale pour bien comprendre la question.
- les œuvres : introduites, expliquées et analysées.
- le thème à travers les œuvres : les clefs de vos dissertations.
- des outils pour :
    • resituer (chronologies),
    • parcourir (résumés des œuvres),
    • se rappeler (points sur les personnages, lieux et références),
    • comprendre (définition des notions),
    • restituer (recueil de citations classées).

Votre ouvrage
    • toutes les connaissances nécessaires,
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    • des informations faciles à trouver

Fiche technique

Référence
460799
ISBN
9782350307992
Hauteur :
21 cm
Largeur :
15 cm
Nombre de pages :
432
Reliure :
broché

Méthodologie


Le thème en perspective – la culture générale nécessaire à la compréhension du sujet

QUI TRAVAILLE ?

LE TRAVAIL EST-IL UNE DONNÉE ANTHROPOLOGIQUE
OU UNE CONSTRUCTION HISTORIQUE ?

ESSAI DE DÉFINITION DU TRAVAIL

LE TRAVAIL ET LA VALEUR

LE TRAVAIL EST-IL UNE SERVITUDE ?

FAUT-IL OPPOSER TRAVAIL MANUEL ET TRAVAIL INTELLECTUEL ?

T
RAVAIL ET QUÊTE DE SENS


Les œuvres – Repères sur le contexte de chaque œuvre puis analyse de celles-ci

VIRGILE LES GÉORGIQUES, LIVRES I À IV

SIMONE WEIL, LA CONDITION OUVRIÈRE

MICHEL VINAVER, PAR-DESSUS BORD


Le thème dans les œuvres – un chapitre par grande question

ALIÉNATION, EXPLOITATION

APPARTENANCE

BEAUTÉ, CRÉATION

COMPÉTITION, GUERRE, LUTTE .

DIEUX, SACRÉ, RELIGION

DIVISION DU TRAVAIL

EFFORT, FATIGUE, MALADIE .

LOISIR, TEMPS LIBRE

PROJET, VISION, PENSÉE

TEMPS

TRANSFORMER LE MILIEU / SE TRANSFORMER SOI-MÊME

TRAVAIL MANUEL TRAVAIL INTELLECTUEL


Outils – Chronologies ; résumés; fiches de lieux, personnages ou figures; glossaire; citations à retenir

Cécile Cerf est agrégée de Lettres modernes, ancienne élève de l’ENS Fontenay-Saint-Cloud et docteur en Lettres modernes. Elle est professeur en CPGE (filière scientifique) au lycée d’Arsonval (Saint-Maur-des-Fossés). Dans le présent volume, qu’elle a dirigé, elle a rédigé la partie “Le thème en perspective”.

Robert Chenavier est professeur agrégé de Philosophie retraité et docteur en Philosophie. Spécialiste de Simone Weil, il est notamment l’auteur de Simone Weil. Une philosophe au travail (Cerf, 2001). Dans le présent ouvrage, il a rédigé la partie “Analyse” de la partie consacrée à Simone Weil.

Pierre Grouix est ancien élève de l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud et agrégé de Lettres modernes. Il enseigne comme professeur hors-classe dans l’académie de Versailles. Il a rédigé dans ce volume “Le thème dans les œuvres” concernant La Condition Ouvrière de Simone Weil.

Marie Ledentu est agrégée de Lettres classiques et professeure de Langue et littérature latine classiques à l’Université Jean-Moulin Lyon 3. Elle a rédigé les parties “Analyse” et “Le thème dans les œuvres” concernant les Géorgiques de Virgile.

Claude Sabatier est professeur agrégé et docteur en Lettres modernes. Il enseigne en classes préparatoires littéraires et scientifiques au Prytanée national militaire de La Flèche. Dans cet ouvrage, il a rédigé les parties “Analyse” et “Le thème dans les œuvres” concernant Par-dessus bord de Vinaver.

"Le travail comme réalité humaine: les animaux ne travaillent pas

Ce qui est certain, c’est que le travail est une réalité humaine: seul l’homme travaille. L’activité de l’araignée ressemble à celle du tisserand, et on dit même qu’elle “tisse sa toile” ; celle de l’abeille, qui forme des alvéoles parfaitement géométriques, hexagonales (l’hexagone étant la forme qui utilise le moins de cire et permet de faire le plus d’alvéoles dans un espace donné), ressemble à celle de l’architecte, un architecte qui aurait bien assimilé les travaux des mathématiciens. Pourtant, explique Marx dans Le Capital, aucun de ces animaux ne travaille – et aucun animal ne travaille jamais, pas même le cheval de labour, les chevaux envoyés au fond des mines, les ânes portant de lourdes charges que chante Francis Jammes dans sa Prière pour aller au paradis avec les ânes. En effet, “l’architecte a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche”, ce que ne fait pas l’abeille; “le résultat auquel le travailleur aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur.” Le travail ne consiste donc pas à transformer de la matière ou à produire quelque chose, mais à poursuivre un but dont on a conscience, ce qui implique un projet, une attention soutenue (surtout lorsqu’il est peu attrayant), un effort continu dans la durée, une projection dans le temps. Ce faisant, l’homme ne se contente pas de modifier la nature; “il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent” (Marx, Le Capital, livre I, chapitre 7).

L’homme, Homo sapiens et Homo faber

Mais, si seul l’ homme travaille, tous les hommes travaillent-ils ? Le travail est-il une donnée anthropologique essentielle ? Y a-t-il des sociétés qui ne travaillent pas ? Les sociétés de cueilleurs travaillent-elles ? Les anthropologues ont mis en évidence que le mot “travail” n’était pas universel et que nombre de langues ne disposaient d’aucun terme équivalent à celui-ci (Dujarier, op. cit., p. 23) : le mot étant absent de leur vocabulaire, la chose est-elle absente de leurs pratiques et modes de vie ? Il semble bien que le travail fasse partie de la condition humaine. L’homme de Néandertal (400 000-30 000 ans avant notre ère) vivait en milieu froid et était sans cesse à la recherche de sources de calories ; il fabriquait des outils (lames, racloirs, épieux) parfois emmanchés; il avait donc des capacités d’abstraction et de conceptualisation. L’homme ou Homo sapiens (apparu il y a 300000 ans) est Homo faber, il fabrique des outils pour travailler, voire, comme le dit Henri Bergson, “des outils à faire des outils” (L’Évolution créatrice, chap. II, 1907) ; il transmet à son entourage ou ses descendants les techniques acquises, et est capable de les améliorer. Marx établit ainsi que l’homme a toujours fabriqué des objets; dans les cavernes, on trouve des instruments, des armes, des objets en bois, en pierre, en os, et des traces de domestication animale. Cela montre que l’homme s’approprie la nature par son travail et fait de la nature (pierres, branches, écorces, coquillages, plumes, terre...) de la matière première, un objet de travail et un moyen de travail. L’homme détache ainsi le poisson de la rivière naturelle par ce travail qu’est la pêche, le bois de chauffage de la forêt par le ramassage ou la coupe, le minerai de sa veine par l’extraction. Il s’empare de la pierre, non comme d’un objet, mais comme d’un moyen d’action, pour frapper, aplatir, abraser (par exemple une peau animale), ou comme d’une matière sur laquelle exercer une action (la pierre sera elle-même taillée et percée pour devenir une aiguille). L’ homme est donc un fabricateur d’ outils, plus encore que d’ objets, “a toolmaking animal” — Marx reprend ici les mots de Benjamin Franklin. Ce qui nous distingue des premiers Homo sapiens n’est pas tant ce qui est produit (nous produisons encore des aiguilles, des couteaux, des hameçons) que la manière dont nous les produisons (Marx, ibid.) : grâce aux machines, grâce à la division du travail, dix ouvriers fabriquent quarante-huit mille épingles en métal en une journée, là où un artisan doté de ses seuls outils en ferait péniblement vingt, remarque Adam Smith en 1776 (il aurait pu ajouter qu’un homme du paléolithique avait probablement besoin d’au moins une journée pour fabriquer une seule épingle en os ; nos connaissances sur cette technique sont encore aujourd’hui imparfaites.