Charles Perrault, Contes -  Madame d'Aulnoy, Contes de fées
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Charles Perrault, Contes - Madame d'Aulnoy, Contes de fées

18,01 €

Par Aurélia Gaillard et Lauriane Maisonneuve.

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Et en lettre suivie pour la France métropolitaine !

Traitant de l’œuvre du Grand Siècle au programme des agrégations externes et internes de Lettres classiques et de Lettres modernes, ainsi que du Capes de Lettres, l’ouvrage propose tous les éléments nécessaires à la réussite du candidat.

Comme tous les Clefs-concours de Lettres modernes, l’ouvrage est structuré en quatre parties :

-Repères : le contexte historique et littéraire; -Problématiques : comprendre les enjeux de l'œuvre; -Le travail du texte : questions de langue, de stylistique et de grammaire; -Outils : pour retrouver rapidement une définition ou une référence.

Fiche technique

Référence
460754
ISBN
9782350307541
Hauteur :
17,8 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
304
Reliure :
broché

SOMMAIRE

INTRODUCTION ............................................9

 REPÈRES

OUTILS D’ANALYSE DU CONTE MERVEILLEUX ....................17

LA NOTION DE CONTE TYPE ET LA CLASSIFICATION DES CONTES . . . . . . 17

LE MECCANO DU CONTE ....................................20

CONTE ET PSYCHANALYSE ..................................21

L’HISTOIRE DES CONTES ....................................23

CULTURE MONDAINE, CULTURE MODERNE .......................25

LECTURES BIOGRAPHIQUES ..................................26

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES DE CHARLES PERRAULT ...............28

JANSÉNISME .............................................30

LAFRONDEETLESVERSBURLESQUES .........................31

LA CÉLÉBRATION ROYALE ...................................31

VERSAILLES ET LE ROYAUME DE FÉERIE ........................33

LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES,

DÉFINITION D’UNE CULTURE NATIONALE ........................35

LA PUBLICATION DES CONTES ................................39

LE “DOSSIER PERRAULT” ...................................42

LE GENRE DU CONTE DE FÉES LITTÉRAIRE À LA FIN DU XVIIe SIÈCLE ....................................45

CONTE, FABLE, HISTOIRE, ROMANCE, NOUVELLE :

UNE POLYSÉMIE ACTIVE ....................................45

FABLE ET CONTE : LE PACTE ALLÉGORIQUE ......................47

EX-CURSUS : LES NOTIONS DE FABULEUX, DE MERVEILLEUX,

DE “MERVEILLEUX VRAISEMBLABLE”

ET DE “VRAI”ET “FAUX”MERVEILLEUX ........................50

CONTES DES FÉES, CONTE DE FÉES :

LA FONDATION D’UN GENRE LITTÉRAIRE ........................51

THÉORISATION DU CONTE DE FÉES ............................55

LE CONTE (AU)FÉMININ ....................................57

LES RECUEILS D’AULNOY ET DE PERRAULT ......................59

CHOIX DE CORPUS ET MISE EN RECUEIL ........................59

TEXTES LIMINAIRES, TITRES ET ILLUSTRATIONS ...................65

EX-CURSUS : SOURCES FOLKLORIQUES OU LITTÉRAIRES

DES CONTES LITTÉRAIRES CLASSIQUES .........................73

INTERTEXTUALITÉS :

LA FONTAINE, D’AULNOY, PERRAULT ET LES AUTRES ..............74

PROBLÉMATIQUES

LES VOIX DES CONTES ......................................81

“L’HISTOIRE N’EN DIT POURTANT RIEN”:

HÉTÉROGÉNÉITÉ ÉNONCIATIVE ...............................81

LA VOIX DES NOURRICES ...................................84

LA LANGUE DES FÉES ......................................86

LE DON DE PAROLE : “LES FÉES”, “RIQUET À LA HOUPPE”

ET “LE RAMEAU D’OR” ....................................88

RÉCIT ET PAROLE .........................................95

AU PAYS DES MERVEILLES ...................................97

SURENCHÈRE ET DÉTOURNEMENT .............................98

MINIATURISATION ET GIGANTISME ...........................100

COULEURS .............................................103

MONDE ANIMÉ ET MÉTAMORPHOSES ..........................107

L’INQUIÉTANTE ÉTRANGETÉ DU MERVEILLEUX ..................112

ROMAN FAMILIAL .........................................115

FAMILLES DÉCOMPOSÉES, RECOMPOSÉES .......................115

FÉMININ/MASCULIN ......................................118

NOURRITURES, OGRES ET NOURRICES .........................125

MORALE, MORALITÉS .....................................133

POLARISATION ..........................................134

MORALITÉS ............................................135

TRAVAIL DU TEXTE

LEXICOLOGIE ............................................143

MOTS SIMPLES ..........................................145

Mots hérités ..........................................145

Mots empruntés .......................................148

•Au latin ou au grec .........................................148

•À une langue étrangère ......................................152

MOTS CONSTRUITS .......................................154

Dérivation affixale .....................................154

• Préfixation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155

•Suffixation ...............................................155

Dérivation impropre ou conversion ........................157

Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157

Néologismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158

Onomatopées .........................................160

ARCHAÏSMES LEXICAUX ...................................161

Les archaïsmes synchroniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 162

Les archaïsmes diachroniques ............................162

LEXIQUE ET ORALITÉ .....................................164

MORPHOSYNTAXE .........................................167

PARTICULARITÉS SYNTAXIQUES ..............................167

Le verbe .............................................167

•Les valeurs des temps de l’indicatif ............................167

•Les constructions des verbes .................................169

•L’infinitif complément de verbe ...............................172

•Coordinations de compléments de verbe ........................173

•Figement et défigement des constructions verbales ................173

Les pronoms personnels et adverbiaux .....................174

• La place du pronom clitique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 174

• La référence du pronom .....................................175

La négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 177

•Ne explétif : négation de verbe ................................177

•Double négation ...........................................177

•Ne exceptif : négation de constituant ...........................178

Formules introductrices .................................178

QUESTIONS DE SYNTHÈSE ..................................179

Les propositions subordonnées circonstancielles . . . . . . . . . . . .. 179

•Les circonstancielles conjonctives .............................180

•Les circonstancielles non conjonctives .........................184

Le groupe adjectival . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186

•La variation en degré .......................................186

•Les compléments de l’adjectif ................................189

STYLISTIQUE .............................................191

L’ÉNONCIATION : ENTRE RÉCIT ET DISCOURS ....................191

Structures et dynamiques narratives .......................191

•Une onomastique signifiante .................................192

•Progressions thématiques ....................................193

• Cadrages énonciatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 195

Les procédés de la description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 197

•Formules présentatives ......................................197

•Constructions absolues détachées .............................197

• L’art du portrait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 198

Un art de l’oralité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 200

•Les discours rapportés ......................................200

• Les appellatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204

Procédés de l’oralité ...................................205

•Les figures de répétitions ....................................205

•Une langue pittoresque ......................................206

LE CONTE : UN GENRE PROTÉIFORME ..........................207

Libertés et variétés génériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207

• Les pièces en vers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208

• Les moralités et sentences sous le régime de la modulation . . . . . . . . . 210

Mélange des registres et des styles ........................214

•Style élevé et style bas:la langue des animaux ...................214

•Style galant et anti-galant ....................................215

•Déploration et registre tragique ...............................216

Jeuxdemots et métamorphoses ..........................218

•Dérivations et jeux de mots ..................................218

•Répétitions et construction de l’intrigue ........................219

•Métamorphoses morphologiques ..............................220

VOIX ET VOIES DE LA CONTEUSE : DE LA MERVEILLE À LA SIMPLICITÉ . 221

Embrasser pleinement la merveille: l’emphase et le haut degré . . 221

•Rhétoriquehyperbolique ....................................221

• L’expression du haut degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222

•Énumérationsetaccumulations ...............................223

Modalisation et point de vue : un art de la distanciation . . . . . . . . 225

•Modalités des interventions de la conteuse ......................225

• Modalités de phrases: interrogations et exclamations . . . . . . . . . . . . . . 228

À la recherche d’un style simple? .........................229

•Traces des tylee nfantin .....................................229

•Style conversationnel .......................................230

OUTILS

ILLUSTRATIONS DE L'ÉDITION ORIGINALE DES CONTES DE PERRAULT

FIGURE 1. FRONTISPICE
(ILL.ANTOINE CLOUZIER). .................................235

FIGURE 2. VIGNETTE DU “PETIT CHAPERON ROUGE
(
ILL.A.CLOUZIER). ......................................236

FIGURE 3. VIGNETTE DE “LA BARBE BLEUE
(
ILL.A.CLOUZIER). ......................................237

FIGURE 4. VIGNETTE DE “LA BICHE AU BOIS
(
ILL. RAIMOND). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238

FIGURE 5. VIGNETTE DE “BELLE BELLE OU LE CHEVALIER FORTUNÉ
(
ILL. RAIMOND). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239

BIBLIOGRAPHIE ..........................................241

Aurélia Gaillard est professeur de Littérature française du XVIIIe siècle à l’université Bordeaux Montaigne et membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF). Spécialiste du merveilleux, elle a notamment publié Fables, mythes, contes (1660-1724) (Champion, 1996), Le corps des statues. Le vivant et son simulacre de Descartes à Diderot (Champion, 2003), et divers ouvrages, sur les Lettres persanes de Montesquieu (Atlande, 2013), Le Neveu de Rameau de Diderot (Ellipses, 2017), ainsi qu’une édition critique de contes rococo (Saint-Hyacinthe, Coypel, Godard de Beauchamps, Contes, BGF 11, t. 2, 2018). Elle se consacre désormais à l’étude des couleurs à l’époque des Lumières dans une perspective pluridisciplinaire, champ nouveau dans lequel elle a récemment dirigé deux numéros de revue: “La couleur des Lumières” (Dix-huitième Siècle, no 51, 2019, avec C. Lanoë) et “Couleurs et identités à l’époque des Lumières” (Lumières, no 36, 2021)

Lauriane Maisonneuve, ancienne étudiante de l’ENS-Lyon, est professeure agrégée de Lettres modernes et docteure en langue et littérature françaises. Sa thèse porte sur le système interlocutif des tragédies de la première modernité.

Pères, mères, fratries, sorories et toutes leurs figures de substitutions, nourrices, sœurs de lait, ogres et ogresses, entretiennent un lien avec la nourriture qui peut prendre la forme d’un repas (du partage), d’un cadeau (d’un échange), voire d’une dévoration (d’une union, d’une incorporation). Dans les contes, l’aliment est partout, dans les festins des palais royaux comme dans les repas frugaux des chaumières, sous forme de don, de contre-don, et chaque personnage est un mangeur ou un mangé en puissance. Qu’on pense aux cadeaux alimentaires faits aux fées – “cinquante livres de confitures, autant de sucre royal, et deux jambons de Mayence” pour la fée Carabosse (“La Princesse Printanière”, p. 141) – ou à ceux réclamés par les mêmes fées: le don de l’eau dans le conte éponyme de Perrault où, comme l’analyse très finement Anne DEFRANCE, la jeune fille s’est transformée en source inépuisable de dons, fontaine de paroles, corne d’abondance et où le “don est devenu dot” [2003].

L’hospitalité, également, est un thème majeur, tour à tour princière et cannibale. Le conte est une vaste cuisine où s’échangent et s’apprêtent des mets choisis. Le récit lui-même est nourriture: transmis par une nourrice, dévoré par des ogres-enfants puis apprêté en mets raffiné pour un public mondain. Il s’agit d’une histoire de transformation alimentaire [MARIN, 1986]: de liquide (lait et sang) en solide (petit pot de beurre, fromage, sang caillé, chair, viande), de cru (chair fraîche) en cuit (rôti, bouilli), de sauvage et brut (gibier et raves) en préparé et raffiné – chair à pâté, sauce Robert, pâté d’oiseaux bardés dans “L’Oiseau Bleu” (p. 128); dragées du roi, vin muscat, confitures et compotes dans “La Princesse Rosette” (p. 173). On peut même continuer: le conte convertit les mets pauvres et rustiques (pain noir) en mets aristocratiques (citrons et oranges, Champagne), le fade en sucré et en salé (sucre royal et jambons de Mayence), le blanc en rouge et le noir en blanc (pain), etc. La nourriture a ainsi une fonction métaphorique qui met au jour la profonde équivalence que le genre tisse entre la parole, l’alimentaire et la sexualité. S’il y est toujours question de manger ou d’être mangé, c’est que la nourriture est la forme que prend l’échange dans ce roman familial qu’est le conte.