Marguerite de Navarre, L’Heptaméron
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Marguerite de Navarre, L’Heptaméron

18,01 €

Marie-Claire Thomine-Bichard et Véronique Montagne

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LA référence pour l’agrégation de Lettres

Fiche technique

Référence
460683
ISBN
9782350306834
Hauteur :
17,8 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
300
Reliure :
broché

PRÉAMBULE


REPÈRES


  LA “MARGUERITE DES PRINCESSES” :
  APERÇUS BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES
  ARRIÈRE-PLANS CULTURELS ET RELIGIEUX

PROBLÉMATIQUES

  LE GENRE LITTÉRAIRE
  LA MISE EN OEUVRE
  LA MISE EN VOIX
  STRUCTURES ET TECHNIQUES NARRATIVES
  REGARDS SUR LA SOCIÉTÉ
  LES PHILOSOPHIES DE L’HEPTAMÉRON ?
 
CONCLUSION: LA VARIÉTÉ, UNE ESTHÉTIQUE ET UN ENJEU PHILOSOPHIQUE

TRAVAIL DU TEXTE

  LEXICOLOGIE
  MORPHOSYNTAXE
  STYLISTIQUE

BIBLIOGRAPHIE

Marie-Claire Thomine-Bichard est professeure à l'université de Lille. Elle consacre ses travaux à la langue et à la littérature de la Renaissance française.

Véronique Montagne est maître de conférences HDR à l'université Côte d'Azur. Elle est l'auteure d'une thèse de doctorat sur l'Heptaméron.

    La "guerre des sexes" : conceptions de l'amour et du mariage

[...]

   • Amour

   M. François, dans l’introduction de son édition, décrit le recueil
comme une “longue variation sur l’amour et sur les multiples aspects qui
marquent les rapports des hommes et des femmes” (Prologue, p. xiii)
et il est bien peu de nouvelles en effet de notre corpus qui traitent d’un
autre sujet (N11, 17, 65). Du sentiment amoureux et de ses manifestations,
L’Heptaméron nous propose divers aspects contradictoires,
bouffon, sérieux, tragique, brutal, sublime ; se mélangent, en une diversité
déconcertante, raffinement et grossièreté, brutalité et délicatesse, mysticisme
et galanterie. Sont mises en scènes toutes les formes d’amour,
du plus léger au passionné avec tout l’éventail des passions qui viennent
s’y greffer : jalousie, dépit, désir de vengeance ; sont proposés au lecteur,
avec une galerie de portraits d’amoureux, une très grande variété de types
humains et de leurs sentiments. Cette complexité des formes de l’amour
participe du projet de Marguerite de Navarre : rendre compte d’une
expérience, du regard interrogateur qu’elle n’a cessé de poser sur le
monde des humains, plutôt que donner une philosophie de l’amour ;
c’est cette diversité des cas qui dégage, en creux, une vision pessimiste :
passion aliénante, qui fait de l’être humain l’esclave du feu de concupiscence
(13 occurrences du terme de concupiscence dans le recueil), fureur
ou folie (il y aurait, là aussi, toute une étude lexicale à mener) qui peut
ravaler au rang de bête (N2, 20, 22) ; passion égoïste (N18) et destructrice,
accompagnée de souffrance (avec toutes les variantes du chagrin d’amour,
par exemple les N9, 13, 19, 21, 24, 26, 64, 70), voire de violence physique
et / ou morale (par exemple les N12, 15, 22, 70). Un même motif, celui de
l’amour caché peut donner lieu à des variations : contrainte néfaste,
la dissimulation transforme l’amour en fureur lorsqu’il s’agit d’un amour
“bestial” (et les images du feu longtemps contenu, N2, p. 77, N22, p. 278,
de la digue rompue, N30, p. 339 vont désigner, dans des contextes différents,
ce type de phénomène) ; vécue par un coeur pur, la dissimulation
peut sublimer un sentiment : c’est le cas chez Dagoucin, qui fait cet aveu
lors de sa première intervention dans les devis : “tant plus je tiens ce feu
celé et couvert, plus en moy croist le plaisir de sçavoir, que j’ayme
parfaictement” (N8, p. 114) ; l’amour parfait que les convenances sociales
obligent à taire mène à la mort le gentilhomme provençal dont Dagoucin
précisément raconte l’histoire (N9) et la sage dame de la N26
en qui G. MATHIEU-CASTELLANI a vu le modèle caché de Madame de
Mortsauf, l’héroïne du Lys dans la vallée de Balzac [1992, p. 137-152].