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Le travail

18,01 €

Virgile, Les Géorgiques

Simone Weil, La condition ouvrière

Michel Vinaver, Par-dessus bord

par Laurence Lacroix et Caroline Delville

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  Livraison gratuite

Et en lettre suivie pour la France métropolitaine !

Traitant du sujet de Lettres et Philosophie des classes préparatoires scientifiques pour la session 2022-2023, cet ouvrage réunit des spécialistes des différentes œuvres au programme pour offrir un volume extrêmement pratique et intelligent dans une collection plébiscitée par les élèves et leurs professeurs. L’ouvrage ne donne pas des corrigés bruts mais guide l’élève pas à pas vers l’autonomie par une série d’exercices progressifs, pour qu’il s’approprie les méthodes attendues aux épreuves.

Complément du manuel, ce véritable guide pratique propose :

- fiches pratiques,

- conseils d’enseignants de prépas,

- un guide pas à pas

- des exercices progressifs,

- des corrigés commentés,

- des cas pratiques pour les différentes banques d’épreuves,

- des lexiques pour enrichir les copies,

- les erreurs à éviter.

Fiche technique

Référence
460801
ISBN
9782350308012
Hauteur :
21 cm
Largeur :
15 cm
Nombre de pages :
256
Reliure :
broché

Laurence Lacroix est agrégée de Lettres modernes ; elle enseigne en CPGE à Grenoble.

Caroline Delville est agrégée de Lettres modernes ; elle enseigne en CPGE à Montbeliard et Besançon.

Exercice 4 : rédiger intégralement la dissertation

Vous pouvez vous entraîner à rédiger tout ou partie de la dissertation, dans le format précisé par le concours : dissertation en 1800 mots.

Corrigé de l’exercice 4

Dans son film dystopique Metropolis sorti en 1927, Fritz Lang imagine un monde divisé en deux sociétés : en haut, à la lumière, l’élite des hommes qui s’adonnent aux plaisirs, aux sports et aux arts, en bas, dans des sous- sols éclairés de lumières artificielles, un peuple d’ouvriers écrasés par le travail, réduits en esclavage, la tête baissée, marchant d’un pas mécanique, sacrifiant leurs forces et leurs corps à une machine gigantesque qui les avale sous les traits du dieu “Moloch”. Cet écrasement de l’homme par le travail se retrouve dans les propos du philosophe Alain, dans Propos sur l’éducation écrit en 1932: “Le Travail a des exigences étonnantes, il ne souffre point que l’esprit considère des fins lointaines, il veut toute attention. Le faucheur ne regarde pas au bout du champ.” On peut souligner l’allégorisation du concept de travail : le Travail porte une majuscule, il “a”, “ne souffre point” et “veut”. Trois verbes qui désignent une volonté inflexible, une toute puissance du Travail, dépeint comme un Dieu écrasant et impérieux, exigeant une concentration et une soumission absolues du travailleur. De plus, l’auteur souligne cette puissance et cette autorité par l’adjectif “étonnantes”. Les “exigences étonnantes” du Travail consistent à refuser toute distraction de l’esprit, toute attention ou ambition portée vers le lointain, non seulement vers l’instant d’après, vers un futur immédiat ou proche, mais aussi à interdire toute considération spirituelle vers un au-delà, toute réflexion qui ne le concernerait pas. Ainsi, le travail concentrerait l’esprit dans l’immédiateté de la tâche à réaliser, dans le “hic et nunc”, et dans les seules opérations manuelles. Le travail empêcherait de penser l’avenir, ancrerait inexorablement le travailleur dans le présent et annihilerait toute pensée, toute rêverie qui n’est pas lui. L’image du “faucheur”, du paysan consacré à la récolte du blé qui le nourrira et qui “ne regarde pas au bout du champ” illustre cette concentration: pour bien faire son travail, il doit regarder à ses pieds, sa faux, son blé, non pas considérer l’horizon, ne pas se laisser aller à “rêvasser”.

Ainsi, est-il vrai de dire que le travail, qu’il soit le travail en usine, dans l’entreprise ou dans les champs, exige du travailleur une concentration totale de l’esprit dans le présent et sur une tâche donnée ? Le travail empêche-t-il toute pensée, toute réflexion, toute aspiration vers l’avenir et vers des régions plus élevées ?

À la lumière des œuvres à notre programme, les Géorgiques de Virgile, long poème didactique écrit entre 37 et 30 avant J.-C., La Condition ouvrière de Simone Weil, ensemble de textes témoignant de son expérience ouvrière en 1934, et Par-dessus bord de Michel Vinaver, pièce écrite en 1972, nous vérifierons dans un premier temps que la réalité des conditions de travail, en usine, aux champs, dans l’entreprise moderne, peuvent en effet empêcher le travailleur de penser à autre chose que sa tâche et que le travail revêt tous les aspects d’un dieu autoritaire et écrasant. Dans un second temps, nous soulignerons que, malgré tout, le travail permet de se réaliser, d’atteindre le réel, de donner du sens à la vie et suscite, voire stimule la pensée, à certaines conditions. Enfin, nous observerons que si, sur le moment, la pensée semble difficile, il existe cependant des leviers pour s’extraire de cette nécessité écrasante et reprendre conscience de soi afin de pouvoir en effet “regarder au bout du champ”.