par Hervé Joly.
France met. : 5€ ⭢ 24€ d'achat, 10€ ⭢ 48€, 15€ ⭢ 96€, 20€ au-delà. DOM-TOM : 12€, 20€, 28€, 40€
Le 12 mai 1976, l’AS Saint-Étienne est en finale de la coupe d’Europe des clubs champions contre le Bayern de Munich. Cela fait dix-sept ans que la France et ses clubs brillent par leur absence dans les plus grandes compétitions. Depuis que Saint-Étienne s’est hissé en demi-finale l’année précédente, la France vibre de la “fièvre verte”, couleur du maillot de l’ASSE. Pour la première fois de son histoire, l’Assemblée nationale suspend ses travaux pour suivre un évènement sportif. Les joueurs sont un peu les fils ou les gendres que tous les Français rêvent d’avoir. Ils sont accessibles, sympathiques, spontanés.
Comment devient-on footballeur professionnel à Saint-Étienne ? Comment s’impose-t-on en 1976 dans cette équipe au sommet ? Comment mène-t-on sa carrière, comment vit-on ensuite avec la légende ?
C’est le travail patient de plus de dix ans de constitution d’une équipe qui est ausculté ici ou comment un projet commun transcende les individualités.
Fiche technique
Introduction :
Les Verts de 1976, une histoire 7
Devenir footballeur
Des immigrations effacées 21
Des enfants des provinces françaises 45
Des origines populaires 61
Dépasser le père 75
Devenir footballeur professionnel à Saint-Étienne
La conciliation presque impossible avec les études 95
Les privilèges des stagiaires venus d’ailleurs 111
Être repéré en juniors 149 L
a réserve, entre tremplin et purgatoire 169
Un service militaire très aménagé 187
Le plafond de verre des Stéphanois 217
S’imposer en professionnel 237
Être footballeur professionnel à Saint-Étienne
Une équipe renforcée par des départs ? 265
Des étrangers de choix 281
La longue construction d’une équipe type 305
Une épopée européenne inédite 335
L’ossature empêchée de l’équipe de France 351
Une ascension sociale contenue 363
Ne plus être footballeur professionnel à Saint-Étienne
Le lent délitement d’un groupe 383
La difficile reconversion du footballeur 395
Épilogue : Vivre avec la légende 419
Remerciements 429
Notes 433
Index des noms de personnes 469
Hervé Joly, historien et directeur de recherche CNRS, travaille notamment sur la sociologie des élites économiques et sur la formation des élites dirigeantes en France. Il a mené un long travail d’enquête sur les joueurs de la génération 1976. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont À polytechnique, X 1901 (Flammarion, 2021).
« Une équipe de football n’est pas qu’une collection d’individualités. Les joueurs de 1976, n’étaient pas tous extraordinaires. Mais leur force était la cohérence d’ensemble, avec cette équipe type qu’avait progressivement dégagée l’entraîneur Robert Herbin, complétée par quelques solides remplaçants pour pallier les absences. La stabilité et la cohésion de l’équipe étaient une ressource majeure. À défaut d’être d’origine stéphanoise, tous les joueurs français de l’équipe sont arrivés à l’ASSE avant l’âge de 20 ans, inconnus du grand public, et même les deux joueurs étrangers étaient là depuis quatre saisons. Ces joueurs ont véritablement grandi ensemble. De glorieux anciens ont été écartés pour leur faire de la place, au prix de quelques années de transition. L’équipe a été programmée pour réussir quand elle a réussi. Le seul échec a moins été celui de Glasgow que de ne pas rester au sommet plus longtemps. Mais les hiérarchies restent toujours précaires en sport. Il a suffi de quelques départs, blessures ou méformes, non compensés par une relève qui n’a pas tenu toutes ses promesses, pour déstabiliser l’ensemble. »