par Jean-Jérôme Perrin-Mortier et Ludovic Dau
France met. : 5€ ⭢ 24€ d'achat, 10€ ⭢ 48€, 15€ ⭢ 96€, 20€ au-delà. DOM-TOM : 12€, 20€, 28€, 40€
Cela fait vingt ans que Peace and Sport œuvre pour prévenir les violences, restaurer la confiance et favoriser la réconciliation dans des pays qui ont connu guerres, violences ou tensions.
Comme le rappelle son président-fondateur, Joël Bouzou, champion du monde et médaillé olympique de pentathlon moderne, le sport “repose sur une règle partagée, sur l’équité et sur l’expérience collective, il est propice à l’apprentissage du respect et de la coopération. Un changement de paradigme s’impose. Le sport doit être mobilisé avec l’intention explicite de permettre aux générations présentes et futures d’acquérir les valeurs et les compétences essentielles pour rejeter la violence dans toutes ses formes et faire face aux conflits avec résilience.”
Bénéficiant de la neutralité monégasque, Peace and Sport a su développer de nombreuses initiatives visant à promouvoir le sport comme outil de paix, parmi lesquelles un Forum, des Awards, un collectif d’Ambassadeurs et la campagne #WhiteCard.
Le présent volume propose un bilan d’étape de l’Organisation pour la Paix par le Sport, en analysant ses réalisations de terrain les plus marquantes au cours des cinq dernières années. Tirant les leçons de son expérience au Burundi et du programme Live Together, déployé dans un camp de réfugiés en Jordanie, Peace and Sport a repensé son activité de terrain pendant la crise de la Covid-19. Trois études de cas menées au Togo, en Colombie et en Inde, documentées en collaboration avec l’Université Paris-Nanterre, permettent ainsi d'évaluer la démarche des Peacemakers Projects.
L’ouvrage se conclut par le témoignage de Didier Drogba, vice-président de Peace and Sport, qui revient sur son engagement en faveur de la paix par le sport.
Fiche technique
Préface de Joël Bouzou 19
Introduction
Un monde sous tension, un secteur en mutation 23
La paix par le sport : quand le mythe devient réalité éprouvée 24
Peace and Sport : un acteur pivot singulier 25
Une posture de praticiens : regards croisés et analyses lucides 25
Le SDP : clarifier un champ en tension 26
La capitalisation comme acte d’engagement 27
Une invitation à la responsabilité collective 27
Peace and Sport : quand le mythe devient réalités
La gouvernance : une représentation d’exception
au service d’une vision universelle 29
La neutralité monégasque : un socle de légitimité 30
Le Forum et les Awards Peace and Sport :
des plateformes de rassemblement 31
Les Champions de la Paix : les Ambassadeurs de la paix par le sport 33
La #WhiteCard : un symbole universel 34
Les partenariats stratégiques : pour faire rayonner la paix par le sport 35
Du terrain vers les institutions : une approche ascendante 36
Conclusion : un modèle unique au service d’une ambition globale 37
Le secteur du sport pour le développement et la paix
Cadre théorique, périmètres et modalités d’actions 39
Un cadre international en évolution 39
Des périmètres d’action complémentaires 41
Le sport : un vecteur transversal du développement durable 43
Les modalités d’action 44
L’écosystème de la paix par le sport 45
Les organisations internationales 46
Les acteurs institutionnels 46
Les instances dirigeantes du sport et les organisateurs d’événements 47
Les organismes de la société civile et les communautés locales 48
Les athlètes 49
Les bailleurs de fonds et le secteur privé 50
Les institutions académiques et les laboratoires de recherche 51
Conclusion : défis et opportunités 51
Repenser le sport pour la paix : à l’épreuve du terrain
Quand le terrain révèle les failles et les pistes de développement 53
Les visages de la paix : les Champions de la Paix 54
Tegla Loroupe, un engagement pour l’éducation 55
L’impasse des chaînes de financement vertical 56
Le sport, outil éducatif en recherche de crédibilité 56
Plaidoyer et engagement symbolique 57
Problématiques majeures du secteur de la paix par le sport 57
Problématiques systémiques 58
Problématiques institutionnelles 61
Problématiques opérationnelles 64
Optimiser le sport comme outil de paix 67
Enjeux systémiques 67
Enjeux institutionnels 73
Enjeux opérationnels 79
Conclusion : transformer les failles en leviers 84
Du terrain au Peacemakers Project : les expériences du Burundi et du camp de Zaatari
Le Burundi : la réconciliation par le sport 87
Au lever du terrain : sur les rives du Tanganyika 87
Le contexte du programme 89
Les phases du programme 91
Les apprentissages : le Burundi, un laboratoire vivant de transformation 95
D’un modèle basé sur l’apport extérieur à un modèle d’appropriation locale 95
Le programme “Live Together” 97
Au lever du terrain : vers le camp de Zaatari et retour 97
Le contexte : le camp de réfugiés de Zaatari 98
Le cadre et la genèse du programme 99
La coalition d’acteurs 101
Les phases du programme 102
Les apprentissages du programme “Live Together” 105
Conclusion : un apprentissage issu du terrain – structurer pour amplifier l’impact 111
Repenser l’action de terrain de Peace and Sport
Immersion : le tournant post-Covid-19 113
Contexte : 2021 – poser les bases d’un repositionnement 114
Peace and Sport : des atouts structurels… 114
… et des freins structurels au développement 115
Penser avec, pour agir ensemble 116
Le Peacemakers Project : une réponse aux enjeux internationaux issue du terrain 117
Étape 1 : définir 118
Étape 2 : concevoir – un mentorat global 121
Étape 3 : développer – outils au service des acteurs de terrain 123
Étape 4 : évaluer, améliorer et étendre – une expérience globale aux dynamiques locales 126
Évaluation externe de l’impact du programme 127
Trois terrains, trois dynamiques : expériences croisées du Peacemakers Project 128
Colombie : reconstruire le lien social et éduquer à la paix par le sport 128
Inde : le sport comme levier d’émancipation des femmes 129
Togo : professionnaliser les acteurs locaux 129
Conclusion : un essaimage international, mais localement enraciné 131
Évaluer pour transformer : pistes pour maximiser l’impact
Introduction : le mythe de l’évaluation de l’impact 133
Déconstruire les approches classiques du M&E
dans le sport pour le développement et la paix 133
La théorie du changement du sport pour la paix 134
Les différentes formes d’impact 135
Peace and Sport : favoriser la contribution du sport pour la paix 138
Vision et positionnement de Peace and Sport 138
Partenariat Peace and Sport x Fondation Université Paris-Nanterre 142
Recommandations pour la mise en œuvre du M&E 143
Principales difficultés rencontrées 150
Propositions de théorie du changement
et d’indicateurs de mesure d’impact 151
Construction des grilles d’indicateurs de mesure de l’impact 151
Les indicateurs de mesure de l’impact 154
Nouvelles perspectives pour l’évaluation située
des programmes de terrain SDP 162
Des contextes locaux hétérogènes : l’impossibilité d’indicateurs uniques ? 162
Proposer des analyses locales comparatives : vers une quantification située ? 163
Conclusion 165
Étude de cas Peacemakers : Togo
Le Togo : premier contexte de recherche 167
Immersion terrain 167
Le Togo : un berceau de la paix par le sport 168
Le Champion au cœur du projet : historique des programmes au Togo 169
Le choix du premier contexte de recherche 173
Enquête scientifique – Togo 2023-2024 175
Description du contexte pays 175
Présentation de l’appel à projets, des associations et des activités 178
Mise en place opérationnelle de la recherche 184
Les difficultés rencontrées dans la recherche de terrain 185
Analyse de premiers résultats 187
Perspectives de paix par le sport au Togo 196
Enjeux systémiques 197
Enjeux institutionnels 200
Enjeux opérationnels 201
Conclusion 204
Étude de cas Peacemakers : Usme, Colombie
Le sport comme repère communautaire 207
Immersion terrain 207
Mémoire des lieux : blessures et résilience d’un territoire 208
L’organisation au cœur de la communauté : COP Colombia 208
Gerson Florez : l’Enfant de la paix 209
La Colombie, une furieuse envie de paix… par le sport 210
Enquête scientifique 213
Description du contexte pays 213
Présentation de l’association et des activités 216
Le Peacemakers Project 218
Mise en place opérationnelle de la recherche 220
Analyse de premiers résultats 224
Perspectives de paix par le sport : Colombie 229
Enjeux systémiques 230
Enjeux institutionnels 233
Enjeux opérationnels 234
Conclusion 236
Étude de cas Peacemakers : programme Nanhi Kali, Inde
L’autonomisation des filles par le sport 239
Immersion terrain 239
Mémoire des lieux : un pays-continent en mutation 240
Des jeunes filles face aux traditions : jouer pour exister 240
La Naandi Foundation au cœur des territoires 240
Intégrer le sport pour éduquer autrement 241
L’Inde, territoire le plus porteur pour la recherche 242
Enquête scientifique 245
Description du contexte pays 245
Le système éducatif indien et la place des activités physiques et sportives 246
Présentation de l’association et du programme Nanhi Kali 251
Des différences régionales importantes dans le cadre de la pratique du sport 254
Mise en place de la recherche et présentation des données 256
Les difficultés rencontrées dans la recherche de terrain 258
Analyse de premiers résultats 260
Perspectives de paix par le sport 282
Enjeux systémiques 282
Enjeux institutionnels 285
Enjeux opérationnels 287
Conclusion 290
Conclusion. Construire la paix dans la durée :
enseignements, responsabilités et horizons
Des enseignements clés transmis par les acteurs de terrain 293
Évaluer autrement : dépasser le mythe de l’impact 294
L’écosystème de la paix par le sport : renforcer les coalitions 294
Positionnement de Peace and Sport : le label de la paix par le sport 295
20 ans de paix par le sport : une invitation à la responsabilité collective 296
Postface de didier Drogba 297
Glossaire 301
Acronymes 305
Jean-Jérôme Perrin-Mortier :
Fort de plus de vingt ans d’expérience dans le secteur du sport de haut niveau, Jean-Jérôme a développé une solide expertise à la croisée de la performance sportive d’élite et du développement par le sport.
Il a participé, en tant qu’entraîneur, à trois éditions des Jeux olympiques sur trois continents, ce qui lui a permis d’acquérir une compréhension globale rare des facteurs qui favorisent l’excellence au plus haut niveau. Après les Jeux de Rio 2016, il a délibérément choisi de passer de la seule recherche de performance à la quête d’un impact social par le sport. Il a rejoint Peace and Sport en qualité de directeur des opérations de terrain, concevant et déployant des programmes destinés à transformer les communautés. Depuis 2022, il occupe le poste de directeur général, pilotant la stratégie de l’Organisation, renforçant sa gouvernance et développant son rayonnement international.
Ludovic Dau :
Ludovic Dau est un professionnel du sport et des relations internationales qui possède plus de dix ans d’expérience à la croisée du sport, de la diplomatie et de l’impact social. Actuellement directeur de l’Impact et de la Diplomatie sportive chez Peace and Sport, il pilote des programmes internationaux qui font du sport un outil au service de l’éducation, de la cohésion sociale et de la consolidation de la paix.
Son expertise couvre notamment le développement de partenariats public/privé, le renforcement des capacités ainsi que la conception de méthodologies innovantes fondées sur le sport au service de la paix, mises en œuvre sur plusieurs continents.
Avant de rejoindre Peace and Sport, Ludovic a acquis une solide expertise en marketing sportif et en gestion de partenariats au sein de Lagardère Sports. Il y a géré des partenariats de premier plan impliquant de grandes marques internationales, des équipes cyclistes professionnelles et des événements sportifs mondiaux.
Le début du XXIe siècle est marqué par une superposition de crises qui redéfinissent en profondeur les équilibres sociaux et politiques. Fragmentation des sociétés, montée des violences, déplacements forcés, inégalités persistantes, défiance à l’égard des institutions : ces dynamiques s’entrecroisent et produisent des environnements fragiles, dans lesquels les approches traditionnelles de consolidation de la paix peinent à produire des effets durables.
Dans ce contexte instable, le sport a progressivement gagné en reconnaissance sur la scène internationale. Inscrit dans les plans des Nations unies, intégré dans des stratégies nationales de cohésion sociale, il est désormais présenté comme un levier pertinent de développement et de paix. Cette progression incontestable a permis d’élargir les cadres de financement, de structurer des réseaux d’acteurs et de légitimer des pratiques longtemps perçues comme périphériques.
Pourtant, cette dynamique s’accompagne d’un paradoxe persistant. Plus le sport est invoqué comme outil de paix, plus la question de son efficacité concrète se pose. Entre discours mobilisateurs et réalités opérationnelles, le décalage demeure. Les ambitions globales se heurtent aux contraintes locales. Les événements médiatiques ne garantissent pas la transformation sociale. Les indicateurs d’impact restent hétérogènes. Le secteur du sport pour le développement et la paix (SDP) se développe, mais demeure traversé par des tensions structurelles.