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L'éternel féminin

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par Eric Zernik.

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Rousseau a la réputation d’avoir été un indéfendable misogyne tandis que ses textes témoignent de l’intensité de ses amours : Marion, Julie, Sophie… Pourtant, au-delà des clichés et indépendemment de la vie du Genevois, la pensée de Rousseau est dans son rapport à la femme plus subtile et complexe que la caricature qui en est souvent faite aujourd’hui à partir de concepts du xxie siècle sans appuis dans la société du xviiie.

Éric Zernik nous propose ici de décortiquer la pensée du philosophe pour comprendre l’originalité de son rapport aux catégories du masculin et du féminin. Pour Rousseau, si l’homme domine, la femme règne. La domination se déploie dans le monde extérieur. Non seulement elle s’exerce de manière effective d’un être sur d’autres êtres, mais elle se marque de manière immédiatement perceptible : c’est une force qui agit sur une autre force de moindre intensité. À l’inverse, il y a dans le règne un pouvoir presque magique. Un pouvoir sans pouvoir, en quelque sorte, et qui s’efface pour mieux s’affirmer, dans le seul milieu qui est le sien, l’intimité, là où la frontière entre extériorité et intériorité, entre immanence et transcendance, identité et altérité s’estompe.

Dans le sillage La Métaphysique des sexes  de Sylviane Agacinski, l’ouvrage montre comment Rousseau puise dans l’Antiquité les moyens de dépasser une vision du monde judéo-chrétienne anthopocentrée. Le philosophe des Lumières développe ainsi une féminisation du regard et de la pensée. C’est cette vision, ou plus exactement cette grille de lecture, qu’Éric Zernik désigne par l’expression “éternel féminin” : éternelles comme le sont les vérités qui dépendent des concepts a priori de la pensée. Dès lors il faut comprendre la notion de phantasme dans son sens étymologique d’image touchant l’âme. C’est une coproduction imaginaire entre l’homme et la femme, entre un être qui se nourrit d’images et un être qui se fait image.

Comme la prose de Rousseau peut le faire, l’ouvrage enchante. S’adressant autant aux sens qu’à l’esprit, il offre une approche féministe originale de Rousseau qui, par sa post-modernité, tend à l’universel.

Fiche technique

Référence
480126
ISBN
9782384281268
Hauteur :
21 cm
Largeur :
15 cm
Nombre de pages :
400
Reliure :
broché

INTRODUCTION 

PREMIÈRE PARTIE :
“CE FUT COMME UNE APPARITION”

CHAPITRE 1 : LE POUVOIR DE LIMAGINATION

CHAPITRE 2 : LA PUDEUR OU LA PARADE AMOUREUSE

CHAPITRE 3 : LA FEMME ET LAPPARENCE

CHAPITRE 4 : L’EFFLEUREMENT

CHAPITRE 5 : L’UNION CONJUGALE

DEUXIÈME PARTIE : EXTENSION DU DOMAINE DU FÉMININ

CHAPITRE 6 : LA VOCATION

CHAPITRE 7 : UNE ONTOLOGIE AU FÉMININ

CHAPITRE 8 : LE FÉMININ DANS LE PACTE SOCIAL

CHAPITRE 9 : LE SOUVERAIN ET LA GOUVERNANTE

CHAPITRE 10 : LE LÉGISLATEUR ET SON DOUBLE

TROISIÈME PARTIE : DERNIERS SOUPIRS

CHAPITRE 11 : LE FÉMININ ET LA MORT

BIBLIOGRAPHIE

Éric Zernik est agrégé de Philosophie, il a longtemps enseigné en CPGE au lycée Louis-le-Grand et à Sciences Po.