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Le Pen Le Peuple

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Par Sylvain Boulouque

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Sylvain Boulouque a ici réuni les textes les plus emblématiques que Julien Le Pen, militant syndicaliste et libertaire, a publié dans les années trente dans son journal Le Peuple. L'époque fait sinistrement écho à la nôtre. Les questions que l'auteur pose sont en effet par exemple : "Faut-il défendre ou combattre la rationalisation ?", "L'instauration du fascisme est-elle possible en France ?", "Quels sont donc ceux qui retardent l'unité ?"

Fiche technique

Référence
460784
ISBN
9782350307848
Hauteur :
17,8 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
224
Reliure :
broché

INTRODUCTION

UN SYNDICALISTE RÉVOLUTIONNAIRE DANS LA CGT. . . . . . . 27

UN SYNDICALISTE, ENTRE RÉFORME ET RÉVOLUTION . . . . . . . 37

TEXTES

FAUT-IL DÉFENDRE OU COMBATTRE LA RATIONALISATION ?

(22 MAI 1929) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

SUR LA RATIONALISATION :

LES ENSEIGNEMENTS ET LA LEÇON QU’IL CONVIENT D’EN TIRER

(8 JUIN 1929) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

AU SUJET DES NOUVELLES MÉTHODES DE PRODUCTION

(5 MARS 1930) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

LA PAIX EN PÉRIL PAR LE FLÉAU NATIONALISTE

(16 OCTOBRE 1930) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61

APRÈS LA MANIFESTATION DU PREMIER MAI

(6 MAI 1931) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

LE COUP DE FORCE JAPONAIS

(29 SEPTEMBRE 1931) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

UNE RÉPONSE AUX ÉLUCUBRATIONS

DU FAUX “TERRASSIER DE SERVICE”

(13 JANVIER 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

COUP DE PELLE AU TERRASSIER DE SERVICE

(19 JANVIER 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81

DRESSONS-NOUS CONTRE CE CRIME, LA GUERRE !

(26 FÉVRIER 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

COMMENT LES GOUVERNEMENTS ENVISAGENT LA SOLUTION

DE LA CRISE ÉCONOMIQUE

(19 AOÛT 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91

POUR VAINCRE LA VIE CHÈRE ET RÉGLER LA CRISE ÉCONOMIQUE

(31 AOÛT 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

ESPOIRS ET RÉALITÉS. RÉFLEXIONS SUR UN CONGRÈS

(18 NOVEMBRE 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

LA DUPERIE DU FRONT UNIQUE

(20 DÉCEMBRE 1932) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

L’INSTAURATION DU FASCISME EST-ELLE POSSIBLE EN FRANCE ?

(20 FÉVRIER 1933) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

LES JÉSUITIQUES MANŒUVRES DES PARTISANS DU FRONT UNIQUE

(1ER AVRIL 1933) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113

LE PREMIER MAI D’HITLER ET SES LENDEMAINS

(11 MAI 1933) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

UN MAIRE-DÉPUTÉ BOLCHEVIK VOIT LA PAILLE

MAIS OMET LA POUTRE. SUS AU TÂCHERONNAT !

(6 JUILLET 1933). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121

CONTRE LE FASCISME IL FAUT FORMER DES GROUPES DE DÉFENSE

(14 JUILLET 1933 ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

LE FASCISME ET LA GUERRE, MANIFESTATIONS D’UN RÉGIME

DÉCADENT, MENACENT LA CLASSE OUVRIÈRE

(7 DÉCEMBRE 1933) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127

DE LA PRATIQUE DU FRONT UNIQUE À LA RÉALISATION DE L’UNITÉ

(8 JANVIER 1934) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131

LE COUP D’ÉTAT FASCISTE DU 6 FÉVRIER

(21 FÉVRIER 1934). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135

LES VÉRITABLES OBSTACLES À L’UNITÉ

(22 MARS 1934) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139

SOUS LE SIGNE DE L’UNITÉ.

PETITES ET GRANDES MANŒUVRES DU P.C.

(22 JUIN 1934) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143

LES CONDITIONS INDISPENSABLES À LA RÉALISATION DE L’UNITÉ

(3 JUILLET 1934) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147

À PROPOS DES EXÉCUTIONS MASSIVES ET SOMMAIRES EN RUSSIE

(16 JANVIER 1935) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151

LES DEUX ANS ! UN PAS DE PLUS VERS LA GUERRE…

(19 MARS 1935) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155

MOBILISATION CONTRE LE FASCISME

(5 JUILLET 1935) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159

POUR UNE UNITÉ SOLIDE

(12 OCTOBRE 1935 ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165

À PROPOS DE L’UNITÉ DANS LE BÂTIMENT

(22 OCTOBRE 1935) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169

QUELS SONT DONC CEUX QUI RETARDENT

LA RÉALISATION DE L’UNITÉ ?

(6 NOVEMBRE 1935) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173

INDÉPENDANCE ET INCOMPATIBILITÉ.

QUESTIONS FONDAMENTALES

(5 DÉCEMBRE 1935). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

POUR UNE INDÉPENDANCE RÉELLE.

L’EXPÉRIENCE DOIT ÊTRE UN ENSEIGNEMENT

(29 FÉVRIER 1936). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181

 

OUTILS

BIOGRAPHIES DES PERSONNAGES CITÉS . . . . . . . . . . . 187

SOURCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199

Archives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199

Presse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203

BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204

NOTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207

Sylvain Boulouque est historien. Il enseigne en temps partagé à l’INSPE et au lycée dans l’académie de Versailles. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’anarchisme : Les Anarchistes, Ni Dieu ni maître, Le Monde éditions, 2012 ; Les Anarchistes français face aux guerres coloniales, Lyon, ACL, 2020 ; Julien Le Pen, un lutteur syndicaliste et libertaire, Lyon, ACL, 2020 ; et sur le communisme d’une biographie de Maurice Tréand, L’affaire de l’Humanité, Paris, Larousse, 2010 ; Les listes noires du PCF, Paris, Calmann-Levy, 2008.

"Dans les années 1929-1934, quelques éléments permettent d’éclairer son action et ses écrits: le chroniqueur, le propagandiste et le syndicaliste. Si ses interventions sont liées quant à la tonalité générale, elles sont distinctes quant au lieu.

Le libertaire, d’abord, sans jamais avoir été membre de l’Union anarchiste ou de l’Union anarchiste communiste révolutionnaire31, il tient dans Le Libertaire une chronique baptisée Tribune syndicale, où alternativement s’expriment les différents points de vue syndicaux, placée en 1928 sous la responsabilité d’Albert Guigui*. L’amitié avec Guigui* remonte à la création des Comités syndicalistes révolutionnaires évoqués précédemment. Dans l’hebdomadaire anarchiste, Le Pen aborde les questions syndicales et sociales, et souvent il défend le point de vue de la CGT. Il ne s’agit par pour lui d’un soutien inconditionnel, mais la CGT représente la politique du moindre mal. Elle offre des garanties, l’indépendance du syndicalisme, et permet l’action et l’éducation des syndiqués. S’il refuse le modèle majoritaire de partici[1]pation pour lui préférer le syndicalisme révolutionnaire, ce choix s’inscrit dans une continuité paradoxale. Lorsque la loi sur les assurances sociales est débattue puis promulguée, à la différence de la CGTU ou de la CGT-SR, Le Pen la défend. Il ne s’agit ni d’une loi ouvrière, ni d’un don des gouvernements et du patronat, mais cette loi offre des garanties sociales: “[les assurances sociales] peuvent apporter une bien modeste amélioration au triste sort des travailleurs spoliés”32. La mémoire syndicaliste révolutionnaire de la CGT, qui avant-guerre combattait les retraites ouvrières, semble s’estomper. Néanmoins sa chronique n’est pas la stricte répercussion de la politique de la CGT dans le mouvement libertaire, Le Pen est en désaccord avec le ralliement des ténors de la Confédération à la rationalisation, non pas sur le principe mais sur sa réalisation, car elle tourne au bénéfice unique du patronat, les producteurs n’ayant pas été associés ni consultés33 – à cet égard sa condamnation retrouve les accents d’Émile Pouget dénonçant l’organisation du surmenage. Avec cette même distance critique, il rend compte des congrès fédéraux et confédéraux. La position de Le Pen a peu évolué dans sa définition du syndicalisme, les emprunts à Fernand Pelloutier* demeurent nombreux : “Le syndicalisme n’est pas une sélection mais un amalgame qu’il convient de guider et d’instruire”34. Il affirme, parallèlement à cette identité syndicale, une identité culturelle et politique dans laquelle se mêlent classiquement l’antimilitarisme, l’anticléricalisme35 et l’apologie de l’action ouvrière. Si la lutte sociale est magnifiée, son analyse demeure proche de la réalité : “les grèves par les durs sacrifices qu’elles imposent aux travailleurs doivent être déclenchées à bon escient”36, écrit-il en épigone de Victor Griffuelhes. Ses chroniques remplissent les missions éducatrices et formatrices propres à la presse militante, comme le firent toutes les enquêtes ouvrières. Elles s’attardent sur la vie sociale, la condition ouvrière et la pénibilité du travail. Il s’agit de former et d’informer les militants, de leur donner des arguments sur le statut du travail, mais aussi et surtout de les inciter à la réflexion et à l’histoire du mouvement syndical. Ainsi l’hommage qu’il rend à deux militants décédés, Auguste Peltier* des PTT, mort de tuberculose, et Albert Bourderon*, du tonneau, le vieux grognard du syndicalisme et du socialisme, résistant à la guerre, éternel minoritaire dans la CGT, souligne cette volonté de construire cette histoire ouvrière."