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Le Vagabond d'Ukraine

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... ou les tribulations d'un petit Juif du Dniepr

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Et en lettre suivie pour la France métropolitaine !

Syla Chliamovitch n'est pas écrivain. Mais elle est la petite-fille d'un grand-père fascinant et fantasque, un grand-père conteur sans lequel elle n'aurait pas, peut-être, choisi de monter sur les planches. Ce grand-père, Juif ukrainien né dans les années 1880, a connu la Russie tsariste et le Paris de la Belle Epoque; tailleur, soldat, révolutionnaire, prisonnier, marchand ambulant, passager clandestin, vaurien va-nu-pieds, Zelman Retchitzky a vécu bien des vies avant de trouver l'amour à Paris... avec une Juive de son pays natal, ironie.

Cet autre "brave soldat Svejk" se remémore, au soir de sa vie et après la mort de sa femme adorée, ses aventures drolatiques dans une langue mêlée de yiddish, de français suisse et d'argot parisien, mâtinée surtout d'humour, d'espoir et d'optimisme, une langue étrange qui n'appartient qu'à lui.

Dessin de couverture : François Morel.

Fiche technique

Référence
470000
ISBN
9782383500001
Hauteur :
17,8 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
276
Reliure :
broché
Format :
poche

Par Syla Chliamovitch et Zelman Retchitsky

Syla Chliamovitch est comédienne, dramaturge et metteur en scène. Elle a traduit le journal de son grand-père en français, sans le purger des expressions surprenantes, des tournures maladroites, des répétitions lancinantes qui font le charme du parler yiddish ukrainien d'un autre siècle.

Née dans une famille de musiciens, Syla Chliamovitch en devient le "vilain petit canard" lorsqu'elle choisit la musique des mots. Après avoir été "petit rat" à cinq ans au Grand Théâtre de Genève, elle devient très vite comédienne. Elle fait un petit détour par la décoration auprès d'un décorateur de la télévision suisse.

Ayant été pendant fort longtemps la seule petite-fille d'un grand-père merveilleux et fantasque, elle a appris avec lui à rêver, à écouter... et à comprendre son écriture, qui était le reflet de son langage parlé. Ayant perdu sa femme Hellen beaucoup trop tôt, Zelman Retchitzsky a eu besoin de la faire revivre en écrivant le journal ici retranscrit. Il ne restait plus à sa petite-fille qu'à le mettre en (relativement) bon français, pour faire rêver le lecteur qui s'aventurerait dans cette vie... (oh! combien mouvementée).

"Me prenant toujours pour un homme, je n'en étais pas moins un chien fou. Il est vrai que, quand j'ai quitté la maison avec mon premier chargement de marchandises, je ne pensais qu'à elle, et je partis comme j'étais habillé, sans emporter de vêtements de rechange. Résultat, je n'étais pas du tout équipé pour le mauvais temps. Quant à mes finances, il vaudrait peut-être mieux ne pas en parler, elles affichaient "absentes".

Pour aller à ma destination, je devais traverser la steppe, je fis donc ce trajet à pied. Les tsoress (ennuis), c'est comme les mazels (les bonheurs), ils ne viennent jamais seuls...

La route était longue, et dans la steppe le paysage ne change pas beaucoup. Ce fut d'un pas rapide que j'avançais, quand un orage d'une violence inouïe m'arriva dessus. C'était un de ces orages comme il n'en arrive que dans les steppes ukrainiennes. J'avais beau regarder autour de moi, rien, jusqu'à l'horizon, pas un arbre, pas une maison, rien que de grandes herbes à l'infini et rien pour m'abriter.

Après une douche pareille, on peut bien s'imaginer que les bonbons, que j'avais l'intention de vendre 2 kopecks les 10 pièces, sont devenus un seul et même énorme bonbon, entremêlé de papiers aux couleurs encore chatoyantes, ayant pris la forme du sac dans lequel je le transportais. Mon chagrin devint immense et mon désespoir encore plus grand. Je ne savais pas comment réaliser la valeur de ma marchandise, au moins pour la rembourser. Mes yeux étaient dans le même état que le ciel, ils dégoulinaient autant l'un que l'autre. C'est ainsi que j'ai traversé la steppe."