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Où souffle la Lombarde

Roman

Jean Proal

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460564

9782350305646

14,22 €

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À l'occasion du cinquantenaire de la disparition du grand écrivain provençal Jean Proal, les éditions Atlande réeditent trois ouvrages dont son roman le plus connu, Où souffle la Lombarde, paru en 1943 chez Denoël et qui porte le nom de l'équivalent dans les confins alpins du mistral. Ce roman écrit dans des années sombres nous parle encore. Il tient de l'épopée moderne et donne un sens raisonné à l'écologie, rapport entre les hommes et leur milieu. Cet ouvrage a été unanimement acclamé. 

  • Hauteur : 21 cm
  • Largeur : 15 cm
  • Nombre de pages : 168
  • Reliure : broché

Jean Proal (1904-1969) est le plus grand peintre des sentiments nés d'un lieu. Deux, en l'occurence, l'ont particulièrement inspiré : les Alpes de Haute-Provence et la Camargue. Comparable par bien des points à Giono, avec lequel il entretint une correspondance passionnée, il fut également proche d'Aragon et côtoya Cendars. Il fut à trois reprises pressenti pour le Goncourt, reçut le Grand prix du roman de la Société des Gens de Lettres en 1953 et fut le premier lauréat du Grand Prix de Provence, en 1961, pour l'ensemble de son oeuvre.

Charles Chabran savait comme les autres, mieux que les autres, qu'il y a des pays où le soleil brille toute l'année, où la neige n'est qu'une fête fugitive, des pays sans loups et sans avalanches, et des métiers où l'on est pas voûté à trente ans sous le poids des corbeilles de terre qu'il faut remonter dans les champs ravinés.
Fils unique, promis dès sa naissance au seul rôle d'asurer la continuité du nom et d'en reprendre les charges, il avait mal grandi, comme grandit mal l'arbuste qu'un arbre trop puissant protège et étouffe. Il avait passé quarante ans de sa vie dans une ombre trop dense pour pouvoir encore se redresser au soliel revenu.
Il avait épousé sur le tard l'institutrice du hameau qui, de fondation et de nécéssité, logeait à la maison Chabran.
Maria Brenaz avait vingts ans, vingts ans aussi de moins que lui, lorsqu'elle était arrivée un jour d'automne, traînant dans la neige sa maigre sacoche de débutante.
Il l'avait vue, taciturne et tenace, prendre en main son nouveau métier et retrouver - elle qui était née en Provence mais d'une souche savoyarde émigrée - les dures lois de la montagne. Jour après jour, il avait pris l'habitude de sa présence, saison après saison, puis d'une année à l'autre, car elle n'était pas repartie au bout d'un an comme toutes faisaient.
Et le rêve encore informulé de Charles avait pris la figure de Maria.