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Fières archives

Documents et images autobiogaphiques d'homosexuels "fin de siècle"

Par Philippe Artières & Clive Thomson


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460443

9782350304434

18,01 €

Photo-Philo

Des images à penser

Fières achives

L’exposition présentée en Mairie, comme cet ouvrage, sont le fruit d’une collaboration commune avec Philippe Artières, historien à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS, et Clive Thomson, professeur à l’Université de Guelph au Canada. Par leur savoir et leur engagement, ils nous montrent comment dès la fin du XIXe siècle, des homosexuels ont  cherché à raconter ou témoigner de leur “inversion”, en livrant des écrits sur leurs pratiques intimes et en collectant tout ce qui s’y rattachait. Cette exposition, qui présente une partie des archives de ces vies cachées, nous fait réfléchir sur l’évolution du regard de notre société sur la communauté homosexuelle, longtemps méprisée et considérée comme dégénérescente.

  • Hauteur : 16
  • Largeur : 16
  • Nombre de pages : 144
  • Reliure : broché

Préface de Christophe Girard

Inroduction

Notes

I. L'étrange goût des archives et des enquêtes

II. La jouissance du voyage

III. L'amitié et l'amour

IV. Lettres d'invertis

Bibliographie

Philippe Artières, historien, Directeur de recherches au CNRS (IIAC-EHESS, Paris). Ses travaux portent sur les marges de la société des XIXe et XXe siècles ; lecteur de Michel Foucault, attentif aux archives de l’infime, il a publié une série d’ouvrages dont récemment Miettes. Une histoire ordinaire de l’année 1980 (Verticales, 2016) et Au fond (Seuil, fictions & cie, 2016).

Clive Thomson, professeur de littérature française à l’École des langues et littératures, Université de Guelph (Canada), et psychanalyste. Il a publié Georges Hérelle : archéologue de l’inversion sexuelle « fin de siècle » (Éditions du Félin, 2014) et a édité Mikhaïl Bakhtin : His World and Ours (Bakhtiniana : Journal of Discourse Studies, 2016) et Dialogues with Bakhtinian Theory (Mestengo Press, 2012).

La nature douce du pédéraste

Je prétends qu’en général le pédéraste a une nature assez douce, plus portée à se désintéresser de la vie sociale qu’à y prendre une part active et violente. Tous les pédérastes que je connais sont dans ce cas. Rien de plus facile à expliquer : ils se sentent instinctivement retranchés de cette société, qui les renie et les outrage ; ils ont plus d’intérêt que tout autre à demeurer dans une demi obscurité, qui est la condition même de leur existence ; pour ne pas être éliminés, ils se font petits pour être autorisés à vivre, ils cherchent à tenir le moins de place possible. Il ne faut même point croire que cette modestie forcée leur soit très pénible : on ne désire que ce dont on attend du bonheur, et on n’attend du bonheur que d’un milieu favorable à la libre expansion des tendances naturelles. La société apparaît donc au pédéraste comme une nécessité qu’il subit : plus il s’en éloigne, mieux il est.

Georges Hérelle, Enquêtes et questionnaires (MS 3257)

Article : "Homosexuels, histoire d'une répression", Jean-Louis Jeannelle, Le Monde, 14 Juillet 2017 --> ici