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Le grand détournement: Comment Zemmour falsifie l'histoire

6,64 €

Par Sylvain Boulouque, Raphaëlle Branche, Pascal Brioist, Vincent Duclert, Philippe Lemarchand, Florian Mazel, Chantal Morelle, Léo Rosell, Pierre Serna, Françoise Thébaud, Sandrine Weil

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Pour dénoncer les supercheries de Zemmour et déconstruire son discours
Éric Zemmour tord l’Histoire de notre pays pour le faire éclater. Si Pétain défendait les juifs, si Dreyfus a trahi, si l’OAS avait raison, alors notre construction républicaine et notre vivre ensemble sont bâtis sur du sable et plus rien ne s’oppose au renoncement à ses principes fondamentaux et au tryptique liberté-égalité-fraternité. Chaque mensonge est une pierre qui vise à bâtir un autre récit national, un récit qui exclut et stigmatise l’Autre. Si les Français continuent à se laisser berner par les contre-vérités historiques égrenées par Zemmour, ils voteront allègrement par référendum des mesures qui aboutiront au déni de leur nationalité et à l’expulsion de millions de leurs concitoyens, passant outre les principes de constitutionalité et la Convention européenne des droits de l’Homme. Rétablir la vérité historique est la première étape pour éviter la guerre civile à laquelle la logique de Zemmour risque de mener. Combattre ses idées pied à pied et exposer les rouages de sa pensée est dès lors une mission de salut public. Pour ce faire, Pascal Brioist a sollicité les meilleurs historiens de notre temps qui chacun dans son domaine démonte le discours de Zemmour en trois temps : en exposant ses contre-vérités, en rétablissant les faits et en dévoilant le sous-texte de son discours.

Fiche technique

Référence
460793
ISBN
9782350307930
Hauteur :
17 cm
Largeur :
12 cm
Nombre de pages :
192
Reliure :
broché

AVANT-PROPOS DE L’EDITEUR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11

Philippe Lemarchand

LE GRAND DETOURNEMENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15

Pascal Brioist

 

LES INVASIONS BARBARES

ET LA CHUTE De L’EMPIRE ROMAIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .23

François Mazel

 

QUAND GLOSER SUR LA REVOLUTION FRANCAISE

PERMET DE MIEUX CACHER LE PROJET

D’UNE REVOLUTION NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31

Pierre Serna

 

ERIC ZEMMOUR ET L’AFFAIRE DREYFUS :

LA NEGATION DE LA VERITE HISTORIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47

Vincent Duclert

 

QUAND ZEMMOUR REECRIT L’HISTOIRE DE LA RESISTANCE

ET DES CONQUETES DE LA LIBERATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89

Léo Rosell

 

LA FABLE DES ORIGINES

OU POURQUOI ON NE PEUT PAS ETRE MUSULMAN,

D’ORIGINE ARABE ET FRANCAIS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .137

Raphaëlle Branche

 

DE L’USAGE DE LA CITATION TRONQUEE :

ZEMMOUR ET LE COMMUNISME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .157

Sylvain Boulouque

LA FRANCE, LE RWANDA, Le GENOCIDE DES TUTSI :

ERIC ZEMMOUR FACE A L’HISTOIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .171

Chantal Morelle, Françoise Thébaud et Sandrine Weil

Sylvain Boulouque est historien, spécialiste de l’histoire du communisme et de l’anarchisme. Il enseigne en temps partagé à l’INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) et en lycée dans l’académie de Versailles.

Raphaëlle Branche est historienne, spécialiste des violences en situation coloniale et de la guerre d’Algérie. Professeure d’Histoire contemporaine à l’Université de Paris-Nanterre, elle est également présidente de l'association Historiennes et Historiens du Contemporain (H2C).

Pascal Brioist est historien, spécialiste de Léonard de Vinci, de la Renaissance et des sciences et techniques à l’époque moderne. Professeur d’Histoire moderne à l’Université de Tours et au Centre d’études supérieures de la Renaissance, il dirige la collection “clefs concours Histoire” d’Atlande.

Vincent Duclert est historien, spécialiste de l’affaire Dreyfus et enseignant-chercheur à l’EHESS. Depuis 2013, il est également membre de l’inspection générale de l’Éducation nationale.

Philippe Lemarchand est éditeur d’Atlande. Ancien correspondant de la BBC, il a également enseigné à Sciences Po.

Florian Mazel est historien médiéviste. Ancien membre de l’Institut universitaire de France, il est actuellement professeur d’Histoire médiévale à l’Université de Rennes 2.

Chantal Morelle est professeure honoraire de chaire supérieure, spécialiste du gaullisme, de la Ve République et de sa diplomatie, membre de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi.

Léo Rosell est ancien élève de l’École normale supérieure de Lyon, agrégé d’histoire. Spécialisé dans l’histoire de la Sécurité sociale et de la Libération et chargé de cours à l’université de Bourgogne, il prépare actuellement une thèse consacrée à Ambroise Croizat.

Pierre Serna est historien, spécialiste de la Révolution française, professeur à l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne et membre senior de l'Institut Universitaire de France et de l'Institut d'histoire de la Révolution française au sein de l'IHMC.

Françoise Thébaud est professeure émérite de l’Université d’Avignon, spécialiste d’histoire des femmes et du genre (guerres et sociétés, féminismes, citoyenneté, organisations internationales), membre de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi.

Sandrine Weil est doctorante en histoire contemporaine, membre de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, membre de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi.

"Dans une chronique sur les ondes de RTL le 6 mai 2014, Éric Zemmour déclarait ceci: “Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d’autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes. Les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent.”

Plus récemment, dans un entretien pour l’hebdomadaire Valeurs actuelles le 18 septembre 2018, il affirmait également ceci: “Je développe l’idée d’un livre remarquable d’Henri Pirenne qui s’appelle Mahomet et Charlemagne et qui explique qu’il n’y aurait jamais eu d’Empire d’Occident s’il n’y avait pas eu l’islam pour couper le grand Empire romain.

Il explique une deuxième chose, plus importante encore : il y a eu deux destructions de l’Empire romain. L’Empire d’Occident a été détruit par les Barbares qui venaient du nord et par les Francs, tandis que l’Empire d’Orient a été détruit par les Arabes. Que s’est-il passé ? Les deux ‘Barbares’ ne se sont pas comportés de la même façon. Et là, on touche au cœur du sujet. Les Barbares francs, Barbares goths se sont convertis au christianisme et ont parlé latin. Les Arabes ont imposé le Coran.”

Le thème des invasions barbares et de la chute de l’Empire romain occupe ainsi une place de choix dans la mythologie politique d’Éric Zemmour. Et il faut bien dire mythologie car les propos cités ci-dessus sont, de fait, truffés d’erreurs, à la fois factuelles et d’interprétation. Évoquons les plus grossières d’entre elles:

1. Éric Zemmour associe Normands, Huns, Arabes, Francs et Goths dans un vaste méli-mélo qui témoigne d’une grande confusion des époques et des contextes, les opposant tous de manière schématique et erronée aux Romains. Si Goths, Francs et Huns appartiennent à la même histoire, celle de la fin de l’Empire romain entre III e et VI e siècles – encore que les Huns, à la différence des Goths et des Francs, n’y fassent qu’une apparition météoritique entre les années 420 et 460 –, l’expansion des Arabes dans le bassin méditerranéen et jusqu’en Europe se déroule pour sa part aux VII e et VIII e siècles. En outre, si elle s’est heurtée à l’est de la Méditerranée à l’Empire romain d’Orient (qui, malgré ses difficultés, est parvenu à lui résister et même à reprendre une partie du terrain perdu), à l’ouest, cette expansion n’a pas affronté les Romains mais des monarchies barbares post[1]romaines: le royaume wisigothique (conquis entre 711 et 719) et le royaume franc. La confusion est encore plus grande dans le cas des Normands, ces guerriers, pirates et commerçants venus de Scandinavie. Leurs raids ponctuels et intermittents – il pouvait parfois s’écouler plus d’une dizaine d’années entre deux d’entre eux – ne commencent en effet qu’à la toute fin du VIII e siècle et connaissent leur apogée dans la seconde moitié du IXe siècle. Ces expéditions visent les Îles britanniques et les régions littorales septentrionales et atlantiques du continent européen, alors dominées par des chefferies n’ayant jamais connu Rome (en Irlande), ou par les royaumes anglo-saxons (en Grande-Bretagne) et l’empire franc (l’empire carolingien puis les royaumes issus de sa division), tous lointains héritiers des barbares des Ve -VI e siècles. On est bien loin de la chute de l’Empire romain…

2. Éric Zemmour considère tous ces peuples comme des groupes homogènes, par l’ethnie, la culture, la langue et la religion, formant autant de blocs compacts voués à s’affronter, ce qui a minima est extrêmement trompeur. Sans entrer dans les détails de la formation complexe des peuples germaniques, dont l’homogénéité ethnique et culturelle est fort discutée, il faut souligner que certains d’entre eux (les Goths notamment) étaient en relation avec le monde romain depuis plusieurs siècles et en avaient adopté certains usages (vestimentaires, alimentaires, culturels…) et certaines croyances (à commencer par la religion chrétienne), dans le cadre d’une acculturation dynamique, sélective et non servile : ils avaient par exemple adopté l’arianisme, une version du christianisme différente du catholicisme nicéen des Romains. De nombreux membres des élites barbares avaient également reçu une éducation lettrée, souvent au sein même de l’empire."

Article du 10 avril 2022 paru dans Le Monde Libertaire, rédigé par Francis Pian